Ce soir, la réunion est consacrée à la mise en pratique de l’astronomie amateur (présentation et manipulation de matériel du club, montage, réglage, tests, observations astronomiques) pour les débutants et les nouveaux membres.
Fabrizio et Victor-François (nouveau membre) sont les premiers arrivés!
Fabrizio installe son télescope compact autonome Dwarf mini, qui espérons, permettra de prendre des photos si la météo est favorable (pour l’heure, Dame Météo ne nous permet pas de nous installer dans le jardin du Club).
Philippe, Bertrand nous rejoignent, très intéressés par les capacités de cet instrument, suivis de Gilles et Bruno. Nico est déjà en grande conversation avec Victor !
Le matériel est installé pour des réglages : Bruno apporte le Newton du Club en vue de résoudre un problème de reconnaissance de sa caméra avec le logiciel d’astronomie Nina. Christophe, qui nous a rejoint, vient à son aide et propose une solution avec le logiciel Firecapture.
Bertrand avait annoncé qu’un pot serait proposé lors de la réunion, grâce à son épouse qui a aimablement préparé deux délicieux gâteaux. Un grand merci !!
Abdellatif (nouveau membre), en compagnie de ses enfants, installe son tout nouveau setup (Newton 200/1000), pour un premier test !
Georges O et Philippe proposent immédiatement leur concours pour le montage, tandis que nos astronomes juniors n’en perdent pas une miette, mais sont également quelque peu intéressés par le buffet !
Surprise, le ciel est dégagé ! Georges propose une mise en pratique du setup, sur le balcon, direction observation de Jupiter !
Et c’est la première observation planétaire pour Abdellatif et ses enfants! Jupiter est bien visible à l’oculaire !
C’est la fin de la réunion, un grand merci aux membres pour cette soirée « Débutants et manipulation de matériel ».
C’était dimanche après-midi, la suite de la présentation « setup astrophoto débutants ».
On vous avait promis une mise en pratique, la voici.
Le but: maitriser les outils informatiques afin de piloter sa monture et sa caméra depuis Nina sous Windows et Kstars sous Linux.
Nous étions 3 pour animer cet atelier. Bertrand et Jean Luc pour Windows et Philippe pour Linux. Un grand merci à ce dernier qui a remplacé Robert au dernier moment.
5 participants avec un mix de setup perso et de matériels du club.
Kstar sous Linux avec notre kit special débutant et des difficultés de reconnaissance de la caméra.
Pourtant la caméra est bien reconnue sur le PC de notre expert Linux. Le problème sera résolu le lendemain avec l’ajout d’un package QHY etàa l’aide de quelques « sudo » bien sentis.
Quelque soucis aussi avec le matériel du club sous Windows, mais il a suffit d’être patient et l’installation de ce « &{[\^@ » de Dotnet a fini par se terminer. Les mystères de l’infomatique 😉
Mais parfois ça tombe en marche.
Mission accomplie, ce setup, monture et caméra du club fonctionnent sous Windows et Nina. A défaut de galaxies, on visualise les arbres du voisinage.
Il ne reste qu’à attendre une belle nuit étoilée pour tester tout ça en conditions réelles.
La présence de 3 animateurs pour 5 setups n’était pas de trop.
Un samedi après midi complet avec notre maître à tous George, à la découverte des subtilités du traitement de l’imagerie planétaire.
Nous étions 6, un mélange de confirmés et de débutant, ce qui a permis des échanges très enrichissants pour tous.
Présentation des outils, autostakkert et Registax et application immédiate sur nos PC. La théorie et la pratique de façon informelles dans le même après-midi, facilitées par un petit groupe.
Ce nombre restreint de participants a permis aux confirmés et au plus débrouillés d’aider les débutants
17h30 c’est la fin et le debrief. Ce petit groupe et la mise en oeuvre immédiate sur nos PC nous a permis de tous progresser, y compris les plus confirmés. A reproduire sur d’autres sujets.
Dans le cadre de notre cycle trimestriel de conférences scientifiques ouvertes au public, M. Alain Doressoundiram, Astronome au Laboratoire d’Études Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique (LESIA) de l’Observatoire de Paris, présente ce soir une conférence intitulée : La planétologie de Mercure avec BepiColombo.
Le vaisseau spatial BepiColombo : En route vers la planète Mercure
La mission spatiale européenne et japonaise vers la planète la plus proche du Soleil
Rendez-vous aux portes du Soleil
BepiColombo est une mission spatiale européenne conjointe (ESA, European Space Agency) et japonaise (JAXA, Japan Aerospace Exploration Agency), actuellement en route vers Mercure.
Mercure : la planète des énigmes
Un monde extrême
Mercure, la plus proche et la plus petite planète du système solaire (3 fois plus petite que la Terre), présente des caractéristiques extrêmes :
Surface cratérisée et difficile à observer depuis la Terre
Observée depuis l’Antiquité (Assyriens, Grecs, Chinois), Mercure fut photographiée au Pic du Midi dans les années 1940-1960 avant d’être visitée par Mariner 10 (1974-1975) puis Messenger (2011-2015). Le nom BepiColombo honore Giuseppe “Bepi” Colombo (1920-1984), pionnier de l’assistance gravitationnelle.
Mercure
Les mystères scientifiques de Mercure
Mercure pose plusieurs énigmes majeures qui justifient l’envoi de BepiColombo :
Le noyau surdimensionné : représente 60 % de sa masse, bien plus que les autres planètes telluriques. Pourquoi ?
Le champ magnétique : Mercure possède un champ magnétique de type terrestre, impliquant un noyau liquide — mais comment une si petite planète peut-elle encore l’avoir après 4,5 milliards d’années ? Alain Doressoundiram précise qu’à la différence de la Terre, le Soleil ne chauffe que la surface de Mercure. Le noyau lui-même est chauffé par la radioactivité et la chaleur primordiale, ce qui rend le mystère du noyau liquide encore plus intrigant.
Le rétrécissement : des fractures géantes témoignent d’une contraction de 5-10 km du rayon planétaire.
Le ratio Potassium-Thorium anormal : incompatible avec les modèles de formation actuels.
Les “Hollows” : dépressions brillantes suggérant une reformation active de la surface.
La glace polaire : présence confirmée par la mission Messenger dans les cratères en nuit éternelle — archive du système solaire primitif ?
Le carbone énigmatique : Mercure est plus sombre que prévu. Présence de graphite (peut-être même des diamants). Origine inconnue.
« Comprendre Mercure, c’est comprendre la formation des planètes rocheuses », résume Alain Doressoundiram. C’est le principe de la planétologie comparée.
BepiColombo permettra d’étudier une planète proche de son étoile et les processus de surface (cratères, volcanisme, glaces). La mission analysera l’exosphère et le champ magnétique de Mercure, ainsi que sa structure interne et sa composition. Elle permettra également de tester la Relativité Générale d’Einstein avec une précision inégalée du fait d’un champ gravitationnel plus important (distance faible au soleil).
Le défi de l’arrivée : il faut freiner pour s’insérer en orbite, ce qui nécessite beaucoup de carburant et de multiples assistances gravitationnelles — la technique mise au point par BepiColombo.
Le défi thermique : Mercure reçoit 10 fois la constante solaire. Les ingénieurs ont développé plusieurs solutions : radiateurs, isolation multicouche (MLI, Multi-Layer Insulation) et panneaux solaires qualifiés à 230°C. Propulsion ionique : BepiColombo embarque 587 kg de xénon, un système plus efficace que la propulsion chimique, qui délivre une poussée faible mais continue.
Une configuration de vaisseau composite
BepiColombo comprend 4 modules pour une masse totale de 4 100 kg : 1. MTM (Mercury Transfer Module) : le module de transfert équipé de moteurs ioniques 2. MPO (Mercury Planetary Orbiter) : l’orbiteur planétaire européen (ESA) qui évoluera sur une orbite basse de 480 à 1 500 km 3. MMO (Mercury Magnetospheric Orbiter) : l’orbiteur magnétosphérique japonais (JAXA) sur une orbite haute de 590 à 11 640 km 4. Sunshield : le bouclier thermique protégeant les instruments
La configuration à deux orbiteurs permet de mesurer le champ magnétique à différentes échelles et de séparer les contributions de la surface et de la magnétosphère, a expliqué le conférencier.
La mission a été lancée le 20 octobre 2018 depuis le port spatial de Kourou. Le parcours comprend 1 survol de la Terre (avril 2020), 2 survols de Vénus et 6 survols de Mercure, le dernier ayant eu lieu le 8 janvier 2025. L’arrivée est prévue en novembre 2026, avec la capture en orbite, le largage du MTM et la séparation des deux orbiteurs. La mission nominale durera 1 an minimum, extensible à 2 ans si la protection thermique résiste aux conditions extrêmes.
Les instruments scientifiques
BepiColombo embarque une suite complète d’instruments scientifiques répartis entre les deux orbiteurs MPO et MMO : spectromètres, magnétomètres, détecteurs de particules, altimètres laser, radiomètres et systèmes d’imagerie. L’orbiteur européen MPO compte à lui seul 11 instruments, tandis que l’orbiteur japonais MMO en transporte 5, permettant d’étudier Mercure sous tous ses aspects, de sa surface à sa magnétosphère.
Alain Doressoundiram détaille plus particulièrement SIMBIO-SYS (Spectrometers and Imagers for MPO BepiColombo Integrated Observatory System), développé par un consortium italo-français sous la direction de Gabriele Cremonese (PI, Principal Investigator). Ce système intégré comprend 3 instruments :
Applications : ces instruments permettront d’établir la cartographie minéralogique, la détection de volcans et de dépôts pyroclastiques, l’analyse du bassin de Caloris, ainsi que l’utilisation de Grands Modèles de Langage (appelé communément IA) pour le traitement automatisé des données.
15 ans de développement
Alain Doressoundiram présente l’extraordinaire processus de conception : de l’appel à propositions ESA (2004) au lancement (2018), mobilisant tous les métiers du spatial (optique, électronique, thermique, tests). Les tests constituent un défi majeur : les instruments ont subi des tests sur pots vibrants (0-100 Hz, amplitude 6 mm) au centre technique de l’ESA (ESTEC, European Space Research and Technology Centre) en juin 2017, le déploiement des panneaux solaires dans une salle de 12 m, des essais en chambres à vide thermique et des tests de radiations. Après validation, les modules ont été transportés à Kourou pour le déballage, le remontage et les tests finaux avant le lancement.
Test en vibration du Module intégrant SIMBIO-SYS
Alain Doressoundiram a également précisé que les données scientifiques de la mission seront rendues publiques après une période d’exclusivité de 6 mois, permettant à toute la communauté scientifique internationale de les exploiter.
Une conférence interactive et pédagogique
Alain Doressoundiram a su captiver l’auditoire, notamment les enfants présents. Il a présenté des maquettes des instruments, permettant de visualiser concrètement la complexité technique de la mission. Des goodies ont été distribués, renforçant l’engagement du public et l’intérêt pour l’exploration spatiale.
Un échange avec les enfants
On peut voir à droite en avant sur la table les maquettes fonctionnelles de l’électronique de pilotage et le détecteur de l’instrument VIHI.
Plus de 15 ans de développement, des technologies inédites, un voyage de 8 ans : BepiColombo représente l’excellence de la coopération spatiale européenne et japonaise. Le vaisseau a déjà réalisé son premier selfie spatial et effectué son dernier survol de Mercure (8 janvier 2025) avant l’insertion orbitale prévue en novembre 2026.
EN RÉSUMÉ Alain Doressoundiram a présenté BepiColombo, une mission conjointe ESA-JAXA lancée le 20 octobre 2018 vers Mercure, qui arrivera en novembre 2026. Cette conférence de deux heures a révélé les défis techniques et scientifiques d’une exploration de la planète la plus méconnue et hostile de notre système solaire.
Mercure est une planète extrême (de +430 à -180°C) dont le noyau représente 60% de la masse et qui possède un champ magnétique inexpliqué. – BepiColombo comprend 4 modules (4100 kg au total) : MTM, MPO, MMO et Sunshield. Les principaux défis techniques sont le défi thermique (10 fois la constante solaire) et la propulsion ionique (587 kg de xénon). – SIMBIO-SYS embarque 3 instruments (HRIC, STC, VIHI) pour l’imagerie hyperspectrale avec intelligence artificielle. – L’objectif est de comprendre la formation du système solaire et de tester la Relativité Générale avec une précision inégalée.
Ce soir, au Club, Georges L expose la technique de l’imagerie planétaire en milieu urbain (une présentation distincte de l’imagerie du ciel profond en milieu urbain fera l’objet d’une programmation ultérieure).
La réunion est comme d’habitude, relayée en visioconférence.
Après avoir rappelé les différents matériels (capteurs, APN, CCD/CMOS) et filtres (spéciaux, interférentiels), notre conférencier expose son intervention en détaillant le matériel et la technique d’imagerie planétaire.
Exemples d’imagerie : (lunaire, Jupiter, Mars, Saturne, Vénus, Mercure, Uranus, Neptune et son satellite Triton)
Nous remercions chaleureusement notre conférencier pour ses explications passionnantes !
Les adhérents peuvent retrouver le replay de la conférence en zone réservée.
Samedi 21mars 2026 entre 20h00 et 22h00, le Club d’astronomie d’Antony, avec le concours de la municipalité, a organisé une séance publique d’observations astronomiques au Stade Georges Suant, afin de découvrir le ciel étoilé.
13 membres du Club participent à cet évènement, 9 instruments sont installés sur le terrain de football.
Les bonnes conditions météorologiques permettent de proposer au public d’observer la voûte céleste, notamment la Lune et la planète Jupiter. Cette soirée correspond également à la phase de l’équinoxe de printemps.
Vers 19h00, les membres du Club arrivent et installent leur matériel :
Jean-Luc (télescope C9), Bernard (Lunette astronomique), Guy (télescope C11), Matthias (télescope Maksutov 180), Jean-Marc (télescope compact SeeStar S50), Christophe (télescope Maksutov 180), Jean-Jacques (télescope C9), Damien et Amar (2 télescopes Dobson). Le public est accueilli par Caroline, Maud, Sylvain et moi-même (Michel).
Dernier réglage sur la Lune par Christophe, puis les membres sont prêts à accueillir le public !
Les visiteurs arrivent progressivement sur le site d’observation, dans une ambiance sympathique et détendue. De nombreux enfants sont très intéressés !
Les questions fusent sur la connaissance du ciel : le système solaire, les constellations, les étoiles … L’obscurité progressive permet de mieux repérer les constellations d’Orion et de la Grande Ourse, l’étoile polaire. La planète Jupiter, très brillante, est au centre de toutes les attentions.
Arthur, astronome junior au Club, a également apporté son matériel !
Le public est au rendez-vous ! nous observons une fréquentation estimée entre 150 et 200 visiteurs.
Photo de la Lune réalisée par l’un des membres du Club lors de la soirée.
Nous remercions chaleureusement les visiteurs ainsi que les membres du Club pour leur présence et leur participation à cet évènement. Nous espérons avoir pu sensibiliser le public sur les observations astronomiques et l’astronomie amateur.
Nous remercions également la municipalité d’Antony pour la mise à disposition du Stade Georges Suant à notre association, ayant permis la réalisation de cette soirée d’observation.
Ce soir, la réunion est consacrée à la mise en pratique de l’astronomie amateur (présentation et manipulation de matériel du club, montage, réglage, tests, observations astronomiques) pour les débutants et les nouveaux membres.
Premiers arrivés à la Maison verte, Jean-Jacques B monte son setup, accompagné de Jean-Luc. Jacqueline et Daniel (nouveaux membres), avec les conseils de Philippe, installent le « Baby Dobson » dans le jardin du club.
Puis nous sommes rejoints par Georges O, Bernard, Nico, Nadia (Nouvelle adhérente), et Eric-Olivier.
L’installation des setup se poursuit dans le jardin, la météo est particulièrement favorable ce soir !
Sylvain se joint à nous, ainsi que Stéphane (nouveau membre) et Christophe.
L’ambiance est sympathique et détendue, les membres expérimentés accompagnent les nouveaux membres dans la pratique de l’astronomie !
Et c’est parti pour les observations de la Lune et Jupiter !
Une petite pause à l’intérieur, le temps de discuter et présenter le matériel du club!
Puis les observations reprennent! Eric-Olivier pointe le Mak180 sur Jupiter, conseillé par Christophe ! Nadia, sous le regard de Sylvain, installe le SeeStar du club, télescope compact autonome diffusant les images par wifi.
Et c’est la fin de cette soirée.
Merci à tous pour votre présence et votre participation à cette réunion!
Dans le cadre de notre cycle trimestriel de conférences scientifiques ouvertes au public, M. Antoine Petiteau, astrophysicien au CEA et responsable scientifique du centre de traitement des données de la mission spatiale européenne LISA (Laser Interferometer Space Antenna), présente ce soir une conférence sur l’un des domaines les plus actifs de la physique contemporaine : la détection des ondes gravitationnelles et les nouveaux instruments conçus pour observer l’Univers gravitationnel.
Observer l’Univers avec les ondes gravitationnelles : LISA et PTA. Un voyage dans l’imperceptible avec Antoine Petiteau
Les ondulations de l’espace-temps
La théorie remonte à 1916, lorsqu’ Albert Einstein prédit l’existence des ondes gravitationnelles [1] : l’espace et le temps ne sont pas des entités rigides et immuables, mais forment un tissu déformable.
Lorsque des masses compactes extraordinairement denses — trous noirs stellaires ou supermassifs, étoiles à neutrons — orbitent et fusionnent dans l’Univers, elles créent des ondulations dans ce tissu. Ces ondes gravitationnelles se propagent à la vitesse de la lumière, transportant avec elles l’histoire intime de ces événements cosmiques.
Le défi technique que pose leur détection est considérable. Une onde gravitationnelle qui passe modifie les distances entre les objets avec une déformation relative de l’ordre de 10⁻²¹ pour les événements typiques détectés par les interféromètres terrestres LIGO et Virgo. « C’est comme mesurer l’épaisseur d’un cheveu humain sur la distance qui nous sépare de Proxima du Centaure », illustre Antoine Petiteau.
L’histoire de cette quête s’étend sur un siècle.
Après la prédiction d’Einstein en 1916, il faudra attendre 1974 pour une première preuve indirecte avec la mesure de la perte d’énergie d’un pulsar binaire par Hulse et Taylor. Puis vient 2015 : la première détection directe.
Deux trous noirs stellaires fusionnent à 1,3 milliard d’années-lumière, générant une onde gravitationnelle détectée par LIGO le 14 septembre 2015. Plus récemment, en juin 2023, les réseaux de chronométrage de pulsars révèlent l’évidence d’un fond d’ondes gravitationnelles dans les très basses fréquences.
Figure : Détecteurs d’ondes gravitationnelles et leurs sources dans les trois bandes de fréquence (réseaux de pulsars, interféromètre spatial, interféromètres terrestres). Source : gwplotter.com
L’interféromètre spatial LISA : un triangle de lumière dans l’espace
Antoine Petiteau entre dans le vif du sujet : le projet d’interféromètre laser spatial européen LISA (Laser Interferometer Space Antenna). Sur l’écran, une animation montre la configuration : trois satellites séparés par 2,5 millions de kilomètres forment un triangle équilatéral qui suit la Terre sur son orbite héliocentrique, à environ 50 millions de kilomètres de distance.
Figure : Configuration orbitale de LISA — trois satellites séparés de 2,5 millions de kilomètres forment un triangle équilatéral en orbite héliocentrique. Pour une présentation visuelle animée : ESA – LISA: Laser Interferometer Space Antenna
Ce projet titanesque, rêvé dès 1974 puis formalisé dans les années 1990, est aujourd’hui en cours de construction. Le 25 janvier 2024, l’Agence Spatiale Européenne a officiellement adopté la mission. Les contrats industriels ont été signés en juin 2025. Le lancement est prévu pour 2035.
Le défi technique réside dans les masses de test — de petits cubes flottant en chute libre à l’intérieur de chaque satellite, protégés de toute perturbation. Les satellites «suivent» ces masses grâce à un système de micropropulseurs ultraprécis, le système drag-free, déjà validé par la mission LISA Pathfinder entre 2016 et 2017. Cette mission a confirmé que l’endroit le plus stable du système solaire se trouve à l’intérieur d’un satellite artificiel en orbite.
Le bruit laser — les fluctuations naturelles de la lumière — est cent millions de fois plus fort que le signal recherché. Pour extraire le signal utile, l’instrument utilise une technique appelée interférométrie à délais temporels (TDI, Time-Delay Interferometry). En recombinant les phases des faisceaux laser avec des retards calculés, on fait disparaître le bruit par interférences destructives.
Promesses scientifiques
L’instrument promet une moisson scientifique sans précédent :
Cartographier la Voie lactée : détection de 10 000 à 30 000 binaires d’étoiles compactes dans notre galaxie
Comprendre les trous noirs supermassifs : de la formation des premiers quasars jusqu’aux fusions actuelles
Sonder l’environnement des trous noirs : cartographier la géométrie de l’espace-temps au voisinage de l’horizon
Mesurer l’expansion cosmique : les ondes gravitationnelles comme « sirènes standard »
Remonter aux origines de l’Univers : révéler les transitions de phase primordiales, avant les 380 000 premières années
Détecter l’inattendu : chaque nouvel instrument révèle des phénomènes insoupçonnés
Le traitement de ces données sera colossal : environ 200 millions d’heures de calcul par an, répartis entre plusieurs centres à travers le monde. La France, via le centre de calcul IN2P3, pilotera le centre de traitement sous la responsabilité d’Antoine Petiteau.
Les pulsars : horloges de l’Univers
Notre conférencier change de registre pour aborder les réseaux de chronométrage de pulsars. Contrairement à LISA qui attend son lancement, ces réseaux observent depuis plus de vingt ans et ont obtenu en 2023 un résultat majeur.
L’histoire des pulsars commence en 1967, lorsque Jocelyn Bell Burnell détecte un signal radio périodique d’une régularité stupéfiante : un pulse toutes les 1,337 secondes. L’explication : une étoile à neutrons en rotation rapide.
Une étoile à neutrons est le cœur effondré d’une étoile massive qui a explosé en supernova. Environ 1,4 fois la masse du Soleil comprimée dans une sphère de 20 kilomètres de diamètre. La conservation du moment angulaire fait que l’étoile tourne très vite — certaines jusqu’à 700 fois par seconde. Son champ magnétique intense canalise des particules chargées, créant des faisceaux d’émission radio qui balaient l’espace comme un phare.
Si une onde gravitationnelle passe entre nous et un pulsar, elle modifie légèrement le temps d’arrivée des pulses. Cette modification, appelée résidu de temps, est de quelques dizaines à quelques centaines de nanosecondes. Mesurer cet effet avec un seul pulsar est quasi impossible, mais en observant un réseau de dizaines de pulsars, une corrélation spatiale spécifique — la corrélation de Hellings-Downs — peut révéler la présence d’ondes gravitationnelles. Cette fonction, calculée en 1983, décrit précisément comment les résidus de temps doivent se corréler si un fond gravitationnel traverse le système solaire.
La collaboration européenne
La collaboration européenne EPTA regroupe cinq grands radiotélescopes : Nançay (France), Effelsberg (Allemagne), Jodrell Bank (Royaume-Uni), Westerbork (Pays-Bas) et Sardinia (Italie). Plus de 70 chercheurs collaborent à ce projet.
Le radio téléscope de Nancay
En juin 2023, la collaboration européenne annonce la détection d’un signal compatible avec des ondes gravitationnelles, avec un niveau de confiance très élevé : probabilité de fausse alarme inférieure à 1 sur 1 000. Le résultat repose sur 24,7 années cumulées de données collectées auprès de 25 pulsars milliseconde.
Faits marquants :
Amplitude mesurée : environ 2,5 × 10⁻¹⁵, cohérente avec un fond généré par des binaires de trous noirs supermassifs
Corrélation de Hellings-Downs : la corrélation entre pulsars suit précisément la forme géométrique prédite en 1983
Convergence mondiale : simultanément, les collaborations nord-américaine (NANOGrav) [9], australienne et indienne publient des résultats convergents
Analyse internationale : en septembre 2023, l’IPTA (International Pulsar Timing Array) montre que toutes les mesures concordent, réduisant la probabilité de fausse alarme à moins de 1 sur 10 000
L’origine exacte de ce fond reste partiellement mystérieuse : binaires de trous noirs supermassifs, transitions de phase primordiales, cordes cosmiques ? La troisième publication de données, attendue en 2026 avec 120 pulsars, devrait confirmer définitivement la découverte et permettre de discriminer entre ces scénarios.
Une symphonie cosmique à trois voix
Pour conclure, Antoine Petiteau projette le spectre complet des ondes gravitationnelles couvert par trois familles d’instruments complémentaires.
Figure : Spectre complet des ondes gravitationnelles en fonction de la période. Les trois bandes de détection : réseaux de pulsars (PTA), interféromètre spatial LISA, et interféromètres terrestres LIGO/Virgo.
Dans les très basses fréquences (nanohertz), les réseaux de pulsars écoutent le fond gravitationnel généré par les trous noirs supermassifs les plus massifs. Ce signal a déjà été détecté.
Dans les fréquences intermédiaires (millihertz), l’interféromètre spatial captera la danse des binaires d’étoiles compactes dans notre galaxie, les fusions de trous noirs de masse intermédiaire, et les dernières heures de vie des binaires supermassives. Il sera lancé en 2035.
Dans les hautes fréquences (hertz), les interféromètres terrestres détectent les collisions rapides de trous noirs stellaires et d’étoiles à neutrons. 368 sources ont déjà été détectées.
« Tout n’est qu’une affaire de distance », résume Antoine Petiteau. Plus les objets sont massifs et lointains, plus leurs ondes sont de basse fréquence. En combinant les trois approches, on couvre l’ensemble de l’orchestre cosmique.
L’ère de l’astronomie multi-messagers
Une avancée majeure est venue en 2017 avec la détection simultanée d’ondes gravitationnelles et de lumière (sursaut gamma, contrepartie optique) provenant de la fusion de deux étoiles à neutrons (GW170817). Cette observation a confirmé que les fusions d’étoiles à neutrons produisent les éléments lourds (or, platine, uranium) dans l’Univers.
L’interféromètre spatial apportera une dimension nouvelle : grâce à sa capacité à localiser les sources avec une précision de quelques degrés carrés, il pourra envoyer des alertes précoces aux télescopes — parfois plusieurs heures avant la fusion finale. Les grands télescopes comme Athena, le James Webb ou Vera Rubin pourront alors observer l’environnement et combiner deux visions complémentaires.
Et puis il y a l’Univers primordial. Les ondes gravitationnelles traversent toute matière sans interaction et peuvent porter jusqu’à nous des informations sur les transitions de phase cosmologiques, les cordes cosmiques, voire l’inflation elle-même. Observer au-delà du fond diffus cosmologique : ce serait « écouter l’écho du Big Bang lui-même ».
EN RÉSUMÉ
L’interféromètre spatial, une mission de l’Europe : adoptée en 2024, lancement prévu en 2035. Technologie validée.
Réseaux de pulsars, une découverte déjà là : détection en 2023 d’un fond d’ondes gravitationnelles (probabilité de fausse alarme < 1/1 000). Confirmation définitive attendue en 2026.
Complémentarité : les trois bandes de fréquence couvrent l’Univers de manière cohérente, des trous noirs stellaires aux trous noirs supermassifs.
Rôle français : la France pilote le centre de traitement des données LISA et participe activement à l’EPTA avec le radiotélescope de Nançay.
Antoine Petiteau nous a fait voyager d’Einstein aux pulsars, des laboratoires souterrains aux plaines de Sologne, des fusions de trous noirs aux premières fractions de seconde après le Big Bang. Nous vivons l’âge d’or de l’astronomie gravitationnelle.
Références
[1] Einstein, A. (1916). Näherungsweise Integration der Feldgleichungen der Gravitation. Sitzungsberichte der Königlich Preussischen Akademie der Wissenschaften Berlin, pp. 688-696. arXiv:physics/9905030.
Nous remercions chaleureusement notre conférencier pour son intervention et ses explications passionnantes, ainsi que Bruno P pour le compte-rendu.
Ce soir au Club, Jean-Marc G présente une conférence sur la représentation picturale et musicale des évènements célestes.
Notre conférencier prépare son intervention, tandis que les membres s’installent. Comme d’habitude, la réunion est proposée en simultané par visioconférence.
Jean-Marc débute sa conférence en retraçant l’impact des passages cométaires sur la compréhension historique et artistique : parfois présage néfaste ou signe prometteur, à la discrétion des auteurs. Ainsi, la tapisserie de Bayeux évoquant la comète de Halley en 1066; la fresque de Giotto L’Adoration des mages (vers 1305) mentionnant également le passage de cette comète en 1301, une gravure de Albrecht Dürer intitulée Melencoliah dont L’astre représenté serait la grande comète de l’hiver 1513-1514. Enfin, une peinture de Paul Von Sommer (1577-1621) présentant Lady Diana Cecil (1618), accompagnée d’une comète soulignant les origines, le charme et la richesse de cette noblesse anglaise.
Les comètes sont également présentées sous la forme caricaturale, romantique, littéraire, illustrative d’objets du quotidien ou fantasmée, mais aussi musicale ou cinématographique.
Notre conférencier évoque ensuite les différentes représentations astronomiques des éclipses au travers des âges et des artistes.
On retrouve des illustrations relatives aux éclipses sous l’Égypte ancienne, en Extrême-Orient, sous formes de métaphores religieuses, par des observations traduites en œuvre picturale (y compris en bandes dessinées), imaginaires, en photo présentant la réalité du phénomène, mais également en accompagnement musical ou dans le 7ème art.
Dans un troisième temps, notre conférencier aborde le symbolisme et l’approche artistique des évènements météoritiques.
Souvent considérés comme une vision apocalyptique, les météorites peuvent également être présentées sous une forme picturale réaliste, éthérée ou contemporaine, religieuses ou, une fois encore, musicale et cinématographique.
Nous remercions chaleureusement Jean-Marc G pour ce voyage sidéral au travers de la représentation des évènements célestes.
Les adhérents peuvent retrouver le replay de la conférence en zone réservée.
Ce soir au Club, Robert présente le logiciel de traitement d’imagerie SIRIL (programme libre de droit, français, sous plusieurs plateformes (ici sous Linux). Comme d’habitude, la réunion est proposée simultanément en visioconférence.
Notre conférencier débute son intervention devant un auditoire attentif !
Après un rappel historique sur la création de ce logiciel, Robert présente les fonctionnalités de ce programme, essentiellement adapté au traitement de l’imagerie en ciel profond. Les DOF (fichiers de calibration Dark/Offset/Flat) peuvent être pris en compte dans le traitement des images.
Interface principale du programme: Plusieurs fonctionnalités sont intégrées : conversion, séquence, calibration, alignement, empilement des images.
Appel à l’écran d’une image « brute » avec utilisation de la fonction d’auto-ajustement (ici: galaxie Messier 31), puis exemple de correction de l’image après calibration et résolution astrométrique.
Le réglage de l’histogramme (canaux RVB) est la phase suivante :
Robert affine l’image obtenue avec le logiciel de retouche GIMP (Amélioration de l’image avec possibilité d’utilisation de scripts):
Notre conférencier évoque ensuite la possibilité d’automatiser certains process (notamment le pré-traitement), opérations réalisables également manuellement.
Exemple de script généré par SIRIL
Le traitement peut également concerner des images obtenues avec des filtres interférentiels (LRVB, SHO). l’image couleur est finalisée en utilisant la composition RVB.
Chaque canal peut être attribué à une couleur en utilisant les conventions d’imagerie (palette Hubble, SHO, HOO, …). Exemples de traitement HOO (nébuleuse d’Orion et nébuleuse de la Bulle):
Enfin, des mosaïques peuvent être réalisées avec des assemblages de tuiles (exemple ci-dessous, les Dentelles du Cygne, NGC 6960).
Exemple de planification (simulation) de mosaïques avec SIRIL :
Un grand merci à Robert pour sa présentation passionnante de SIRIL !