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Ce 10 avril 2026 à l’Espace Henri Lasson, M. Alain Doressoundiram, Astronome à l’Observatoire de Paris, présente une conférence publique sur la planète Mercure

Dans le cadre de notre cycle trimestriel de conférences scientifiques ouvertes au public, M. Alain Doressoundiram, Astronome au Laboratoire d’Études Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique (LESIA) de l’Observatoire de Paris, présente ce soir une conférence intitulée : La planétologie de Mercure avec BepiColombo.

Le vaisseau spatial BepiColombo : En route vers la planète Mercure

La mission spatiale européenne et japonaise vers la planète la plus proche du Soleil

Rendez-vous aux portes du Soleil

BepiColombo est une mission spatiale européenne conjointe (ESA, European Space Agency) et japonaise (JAXA, Japan Aerospace Exploration Agency), actuellement en route vers Mercure.

Mercure : la planète des énigmes

Un monde extrême

Mercure, la plus proche et la plus petite planète du système solaire (3 fois plus petite que la Terre), présente des caractéristiques extrêmes :

  • Températures : +430°C (jour) à -180°C (nuit)
  • Rotation particulière : résonance 3:2 — 3 rotations (59 jours) ≈ 2 révolutions (88 jours)
  • 1 jour solaire sur Mercure = 176 jours terrestres
  • Surface cratérisée et difficile à observer depuis la Terre

Observée depuis l’Antiquité (Assyriens, Grecs, Chinois), Mercure fut photographiée au Pic du Midi dans les années 1940-1960 avant d’être visitée par Mariner 10 (1974-1975) puis Messenger (2011-2015). Le nom BepiColombo honore Giuseppe “Bepi” Colombo (1920-1984), pionnier de l’assistance gravitationnelle.

Mercure

Les mystères scientifiques de Mercure

Mercure pose plusieurs énigmes majeures qui justifient l’envoi de BepiColombo :

  1. Le noyau surdimensionné : représente 60 % de sa masse, bien plus que les autres planètes telluriques. Pourquoi ?
  2. Le champ magnétique : Mercure possède un champ magnétique de type terrestre, impliquant un noyau liquide — mais comment une si petite planète peut-elle encore l’avoir après 4,5 milliards d’années ?
    Alain Doressoundiram précise qu’à la différence de la Terre, le Soleil ne chauffe que la surface de Mercure. Le noyau lui-même est chauffé par la radioactivité et la chaleur primordiale, ce qui rend le mystère du noyau liquide encore plus intrigant.
  1. Le rétrécissement : des fractures géantes témoignent d’une contraction de 5-10 km du rayon planétaire.
  2. Le ratio Potassium-Thorium anormal : incompatible avec les modèles de formation actuels.
  3. Les “Hollows” : dépressions brillantes suggérant une reformation active de la surface.
  4. La glace polaire : présence confirmée par la mission Messenger dans les cratères en nuit éternelle — archive du système solaire primitif ?
  5. Le carbone énigmatique : Mercure est plus sombre que prévu. Présence de graphite (peut-être même des diamants). Origine inconnue.

« Comprendre Mercure, c’est comprendre la formation des planètes rocheuses », résume Alain Doressoundiram. C’est le principe de la planétologie comparée.

BepiColombo : une mission hors normes

Objectifs scientifiques

BepiColombo permettra d’étudier une planète proche de son étoile et les processus de surface (cratères, volcanisme, glaces). La mission analysera l’exosphère et le champ magnétique de Mercure, ainsi que sa structure interne et sa composition. Elle permettra également de tester la Relativité Générale d’Einstein avec une précision inégalée du fait d’un champ gravitationnel plus important (distance faible au soleil).

Les défis techniques

Le défi de l’arrivée : il faut freiner pour s’insérer en orbite, ce qui nécessite beaucoup de carburant et de multiples assistances gravitationnelles — la technique mise au point par BepiColombo.

Le défi thermique : Mercure reçoit 10 fois la constante solaire. Les ingénieurs ont développé plusieurs solutions : radiateurs, isolation multicouche (MLI, Multi-Layer Insulation) et panneaux solaires qualifiés à 230°C.
Propulsion ionique : BepiColombo embarque 587 kg de xénon, un système plus efficace que la propulsion chimique, qui délivre une poussée faible mais continue.

Une configuration de vaisseau composite

BepiColombo comprend 4 modules pour une masse totale de 4 100 kg :
1. MTM (Mercury Transfer Module) : le module de transfert équipé de moteurs ioniques 2. MPO (Mercury Planetary Orbiter) : l’orbiteur planétaire européen (ESA) qui évoluera sur une orbite basse de 480 à 1 500 km
3. MMO (Mercury Magnetospheric Orbiter) : l’orbiteur magnétosphérique japonais (JAXA) sur une orbite haute de 590 à 11 640 km
4. Sunshield : le bouclier thermique protégeant les instruments

La configuration à deux orbiteurs permet de mesurer le champ magnétique à différentes échelles et de séparer les contributions de la surface et de la magnétosphère, a expliqué le conférencier.

Les modules de BepiColombo

Le voyage de huit ans

La mission a été lancée le 20 octobre 2018 depuis le port spatial de Kourou.
Le parcours comprend 1 survol de la Terre (avril 2020), 2 survols de Vénus et 6 survols de Mercure, le dernier ayant eu lieu le 8 janvier 2025. L’arrivée est prévue en novembre 2026, avec la capture en orbite, le largage du MTM et la séparation des deux orbiteurs. La mission nominale durera 1 an minimum, extensible à 2 ans si la protection thermique résiste aux conditions extrêmes.

Les instruments scientifiques

BepiColombo embarque une suite complète d’instruments scientifiques répartis entre les deux orbiteurs MPO et MMO : spectromètres, magnétomètres, détecteurs de particules, altimètres laser, radiomètres et systèmes d’imagerie. L’orbiteur européen MPO compte à lui seul 11 instruments, tandis que l’orbiteur japonais MMO en transporte 5, permettant d’étudier Mercure sous tous ses aspects, de sa surface à sa magnétosphère.

Les instruments de BepiColombo

SIMBIO-SYS : l’œil de BepiColombo

Alain Doressoundiram détaille plus particulièrement SIMBIO-SYS (Spectrometers and Imagers for MPO BepiColombo Integrated Observatory System), développé par un consortium italo-français sous la direction de Gabriele Cremonese (PI, Principal Investigator). Ce système intégré comprend 3 instruments :

Applications : ces instruments permettront d’établir la cartographie minéralogique, la détection de volcans et de dépôts pyroclastiques, l’analyse du bassin de Caloris, ainsi que l’utilisation de Grands Modèles de Langage (appelé communément IA) pour le traitement automatisé des données.

15 ans de développement

Alain Doressoundiram présente l’extraordinaire processus de conception : de l’appel à propositions ESA (2004) au lancement (2018), mobilisant tous les métiers du spatial (optique, électronique, thermique, tests).
Les tests constituent un défi majeur : les instruments ont subi des tests sur pots vibrants (0-100 Hz, amplitude 6 mm) au centre technique de l’ESA (ESTEC, European Space Research and Technology Centre) en juin 2017, le déploiement des panneaux solaires dans une salle de 12 m, des essais en chambres à vide thermique et des tests de radiations. Après validation, les modules ont été transportés à Kourou pour le déballage, le remontage et les tests finaux avant le lancement.

Test en vibration du Module intégrant SIMBIO-SYS

Alain Doressoundiram a également précisé que les données scientifiques de la mission seront rendues publiques après une période d’exclusivité de 6 mois, permettant à toute la communauté scientifique internationale de les exploiter.

Une conférence interactive et pédagogique

Alain Doressoundiram a su captiver l’auditoire, notamment les enfants présents. Il a présenté des maquettes des instruments, permettant de visualiser concrètement la complexité technique de la mission. Des goodies ont été distribués, renforçant l’engagement du public et l’intérêt pour l’exploration spatiale.

Un échange avec les enfants

On peut voir à droite en avant sur la table les maquettes fonctionnelles de l’électronique de pilotage et le détecteur de l’instrument VIHI.

Rendez-vous en novembre 2026

Plus de 15 ans de développement, des technologies inédites, un voyage de 8 ans : BepiColombo représente l’excellence de la coopération spatiale européenne et japonaise. Le vaisseau a déjà réalisé son premier selfie spatial et effectué son dernier survol de Mercure (8 janvier 2025) avant l’insertion orbitale prévue en novembre 2026.

Mercure, la planète la plus proche du Soleil, s’apprête à révéler ses secrets et à transformer notre compréhension de la formation du système solaire.

EN RÉSUMÉ
Alain Doressoundiram a présenté BepiColombo, une mission conjointe ESA-JAXA lancée le 20 octobre 2018 vers Mercure, qui arrivera en novembre 2026.
Cette conférence de deux heures a révélé les défis techniques et scientifiques d’une exploration de la planète la plus méconnue et hostile de notre système solaire.

Mercure est une planète extrême (de +430 à -180°C) dont le noyau représente 60% de la masse et qui possède un champ magnétique inexpliqué.
BepiColombo comprend 4 modules (4100 kg au total) : MTM, MPO, MMO et Sunshield. Les principaux défis techniques sont le défi thermique (10 fois la constante solaire) et la propulsion ionique (587 kg de xénon).
SIMBIO-SYS embarque 3 instruments (HRIC, STC, VIHI) pour l’imagerie hyperspectrale avec intelligence artificielle.
– L’objectif est de comprendre la formation du système solaire et de tester la Relativité Générale avec une précision inégalée.

Pour aller plus loin : ESA BepiColomboJAXA MMO/MioLESIA

Les adhérents peuvent retrouver en zone réservée les références et annexes techniques de la conférence.

Nous remercions chaleureusement notre conférencier pour son intervention et ses explications passionnantes, ainsi que Bruno P pour le compte-rendu.

@Michel

Soirée publique d’observations astronomiques au Stade Georges Suant à Antony

Samedi 21mars 2026 entre 20h00 et 22h00, le Club d’astronomie d’Antony, avec le concours de la municipalité, a organisé une séance publique d’observations astronomiques au Stade Georges Suant, afin de découvrir le ciel étoilé.

13 membres du Club participent à cet évènement, 9 instruments sont installés sur le terrain de football.

Les bonnes conditions météorologiques permettent de proposer au public d’observer la voûte céleste, notamment la Lune et la planète Jupiter. Cette soirée correspond également à la phase de l’équinoxe de printemps.

Vers 19h00, les membres du Club arrivent et installent leur matériel :

Jean-Luc (télescope C9), Bernard (Lunette astronomique), Guy (télescope C11), Matthias (télescope Maksutov 180), Jean-Marc (télescope compact SeeStar S50), Christophe (télescope Maksutov 180), Jean-Jacques (télescope C9), Damien et Amar (2 télescopes Dobson).
Le public est accueilli par Caroline, Maud, Sylvain et moi-même (Michel).

Dernier réglage sur la Lune par Christophe, puis les membres sont prêts à accueillir le public !

Les visiteurs arrivent progressivement sur le site d’observation, dans une ambiance sympathique et détendue. De nombreux enfants sont très intéressés !

Les questions fusent sur la connaissance du ciel : le système solaire, les constellations, les étoiles … L’obscurité progressive permet de mieux repérer les constellations d’Orion et de la Grande Ourse, l’étoile polaire. La planète Jupiter, très brillante, est au centre de toutes les attentions.

Arthur, astronome junior au Club, a également apporté son matériel !

Le public est au rendez-vous ! nous observons une fréquentation estimée entre 150 et 200 visiteurs.

Photo de la Lune réalisée par l’un des membres du Club lors de la soirée.

Nous remercions chaleureusement les visiteurs ainsi que les membres du Club pour leur présence et leur participation à cet évènement.
Nous espérons avoir pu sensibiliser le public sur les observations astronomiques et l’astronomie amateur.

Nous remercions également la municipalité d’Antony pour la mise à disposition du Stade Georges Suant à notre association, ayant permis la réalisation de cette soirée d’observation.

@Michel

Ce 13 mars 2026 à l’Espace Henri Lasson, M. Antoine Petiteau, Astrophysicien, présente une conférence publique sur les ondes gravitationnelles

Dans le cadre de notre cycle trimestriel de conférences scientifiques ouvertes au public, M. Antoine Petiteau, astrophysicien au CEA et responsable scientifique du centre de traitement des données de la mission spatiale européenne LISA (Laser Interferometer Space Antenna), présente ce soir une conférence sur l’un des domaines les plus actifs de la physique contemporaine : la détection des ondes gravitationnelles et les nouveaux instruments conçus pour observer l’Univers gravitationnel.

Observer l’Univers avec les ondes gravitationnelles : LISA et PTA.
Un voyage dans l’imperceptible avec Antoine Petiteau

Les ondulations de l’espace-temps

La théorie remonte à 1916, lorsqu’ Albert Einstein prédit l’existence des ondes gravitationnelles [1] : l’espace et le temps ne sont pas des entités rigides et immuables, mais forment un tissu déformable.

Lorsque des masses compactes extraordinairement denses — trous noirs stellaires ou supermassifs, étoiles à neutrons — orbitent et fusionnent dans l’Univers, elles créent des ondulations dans ce tissu. Ces ondes gravitationnelles se propagent à la vitesse de la lumière, transportant avec elles l’histoire intime de ces événements cosmiques.

Le défi technique que pose leur détection est considérable. Une onde gravitationnelle qui passe modifie les distances entre les objets avec une déformation relative de l’ordre de 10⁻²¹ pour les événements typiques détectés par les interféromètres terrestres LIGO et Virgo. « C’est comme mesurer l’épaisseur d’un cheveu humain sur la distance qui nous sépare de Proxima du Centaure », illustre Antoine Petiteau.

L’histoire de cette quête s’étend sur un siècle.

Après la prédiction d’Einstein en 1916, il faudra attendre 1974 pour une première preuve indirecte avec la mesure de la perte d’énergie d’un pulsar binaire par Hulse et Taylor. Puis vient 2015 : la première détection directe.

Deux trous noirs stellaires fusionnent à 1,3 milliard d’années-lumière, générant une onde gravitationnelle détectée par LIGO le 14 septembre 2015. Plus récemment, en juin 2023, les réseaux de chronométrage de pulsars révèlent l’évidence d’un fond d’ondes gravitationnelles dans les très basses fréquences.

Figure : Détecteurs d’ondes gravitationnelles et leurs sources dans les trois bandes de fréquence (réseaux de pulsars, interféromètre spatial, interféromètres terrestres). Source : gwplotter.com

L’interféromètre spatial LISA : un triangle de lumière dans l’espace

Antoine Petiteau entre dans le vif du sujet : le projet d’interféromètre laser spatial européen LISA (Laser Interferometer Space Antenna).
Sur l’écran, une animation montre la configuration : trois satellites séparés par 2,5 millions de kilomètres forment un triangle équilatéral qui suit la Terre sur son orbite héliocentrique, à environ 50 millions de kilomètres de distance.

Figure : Configuration orbitale de LISA — trois satellites séparés de 2,5 millions de kilomètres forment un triangle équilatéral en orbite héliocentrique. Pour une présentation visuelle animée : ESA – LISA: Laser Interferometer Space Antenna

Ce projet titanesque, rêvé dès 1974 puis formalisé dans les années 1990, est aujourd’hui en cours de construction. Le 25 janvier 2024, l’Agence Spatiale Européenne a officiellement adopté la mission.
Les contrats industriels ont été signés en juin 2025. Le lancement est prévu pour 2035.

Le défi technique réside dans les masses de test — de petits cubes flottant en chute libre à l’intérieur de chaque satellite, protégés de toute perturbation. Les satellites «suivent» ces masses grâce à un système de micropropulseurs ultraprécis, le système drag-free, déjà validé par la mission LISA Pathfinder entre 2016 et 2017. Cette mission a confirmé que l’endroit le plus stable du système solaire se trouve à l’intérieur d’un satellite artificiel en orbite.

Le bruit laser — les fluctuations naturelles de la lumière — est cent millions de fois plus fort que le signal recherché. Pour extraire le signal utile, l’instrument utilise une technique appelée interférométrie à délais temporels (TDI, Time-Delay Interferometry).
En recombinant les phases des faisceaux laser avec des retards calculés, on fait disparaître le bruit par interférences destructives.

Promesses scientifiques

L’instrument promet une moisson scientifique sans précédent :

  • Cartographier la Voie lactée : détection de 10 000 à 30 000 binaires d’étoiles compactes dans notre galaxie
  • Comprendre les trous noirs supermassifs : de la formation des premiers quasars jusqu’aux fusions actuelles
  • Sonder l’environnement des trous noirs : cartographier la géométrie de l’espace-temps au voisinage de l’horizon
  • Mesurer l’expansion cosmique : les ondes gravitationnelles comme « sirènes standard »
  • Remonter aux origines de l’Univers : révéler les transitions de phase primordiales, avant les 380 000 premières années
  • Détecter l’inattendu : chaque nouvel instrument révèle des phénomènes insoupçonnés

Le traitement de ces données sera colossal : environ 200 millions d’heures de calcul par an, répartis entre plusieurs centres à travers le monde. La France, via le centre de calcul IN2P3, pilotera le centre de traitement sous la responsabilité d’Antoine Petiteau.

Les pulsars : horloges de l’Univers

Notre conférencier change de registre pour aborder les réseaux de chronométrage de pulsars. Contrairement à LISA qui attend son lancement, ces réseaux observent depuis plus de vingt ans et ont obtenu en 2023 un résultat majeur.

Qu’est-ce qu’un pulsar ?

L’histoire des pulsars commence en 1967, lorsque Jocelyn Bell Burnell détecte un signal radio périodique d’une régularité stupéfiante : un pulse toutes les 1,337 secondes. L’explication : une étoile à neutrons en rotation rapide.

Une étoile à neutrons est le cœur effondré d’une étoile massive qui a explosé en supernova. Environ 1,4 fois la masse du Soleil comprimée dans une sphère de 20 kilomètres de diamètre. La conservation du moment angulaire fait que l’étoile tourne très vite — certaines jusqu’à 700 fois par seconde. Son champ magnétique intense canalise des particules chargées, créant des faisceaux d’émission radio qui balaient l’espace comme un phare.

Le principe des réseaux de chronométrage

Si une onde gravitationnelle passe entre nous et un pulsar, elle modifie légèrement le temps d’arrivée des pulses. Cette modification, appelée résidu de temps, est de quelques dizaines à quelques centaines de nanosecondes. Mesurer cet effet avec un seul pulsar est quasi impossible, mais en observant un réseau de dizaines de pulsars, une corrélation spatiale spécifique — la corrélation de Hellings-Downs — peut révéler la présence d’ondes gravitationnelles. Cette fonction, calculée en 1983, décrit précisément comment les résidus de temps doivent se corréler si un fond gravitationnel traverse le système solaire.

La collaboration européenne

La collaboration européenne EPTA regroupe cinq grands radiotélescopes : Nançay (France), Effelsberg (Allemagne), Jodrell Bank (Royaume-Uni), Westerbork (Pays-Bas) et Sardinia (Italie). Plus de 70 chercheurs collaborent à ce projet.

En juin 2023, la collaboration européenne annonce la détection d’un signal compatible avec des ondes gravitationnelles, avec un niveau de confiance très élevé : probabilité de fausse alarme inférieure à 1 sur 1 000. Le résultat repose sur 24,7 années cumulées de données collectées auprès de 25 pulsars milliseconde.

Faits marquants :

  • Amplitude mesurée : environ 2,5 × 10⁻¹⁵, cohérente avec un fond généré par des binaires de trous noirs supermassifs
  • Corrélation de Hellings-Downs : la corrélation entre pulsars suit précisément la forme géométrique prédite en 1983
  • Convergence mondiale : simultanément, les collaborations nord-américaine (NANOGrav) [9], australienne et indienne publient des résultats convergents
  • Analyse internationale : en septembre 2023, l’IPTA (International Pulsar Timing Array) montre que toutes les mesures concordent, réduisant la probabilité de fausse alarme à moins de 1 sur 10 000

L’origine exacte de ce fond reste partiellement mystérieuse : binaires de trous noirs supermassifs, transitions de phase primordiales, cordes cosmiques ?
La troisième publication de données, attendue en 2026 avec 120 pulsars, devrait confirmer définitivement la découverte et permettre de discriminer entre ces scénarios.

Une symphonie cosmique à trois voix

Pour conclure, Antoine Petiteau projette le spectre complet des ondes gravitationnelles couvert par trois familles d’instruments complémentaires.

Figure : Spectre complet des ondes gravitationnelles en fonction de la période. Les trois bandes de détection : réseaux de pulsars (PTA), interféromètre spatial LISA, et interféromètres terrestres LIGO/Virgo.

Dans les très basses fréquences (nanohertz), les réseaux de pulsars écoutent le fond gravitationnel généré par les trous noirs supermassifs les plus massifs. Ce signal a déjà été détecté.

Dans les fréquences intermédiaires (millihertz), l’interféromètre spatial captera la danse des binaires d’étoiles compactes dans notre galaxie, les fusions de trous noirs de masse intermédiaire, et les dernières heures de vie des binaires supermassives. Il sera lancé en 2035.

Dans les hautes fréquences (hertz), les interféromètres terrestres détectent les collisions rapides de trous noirs stellaires et d’étoiles à neutrons. 368 sources ont déjà été détectées.

« Tout n’est qu’une affaire de distance », résume Antoine Petiteau. Plus les objets sont massifs et lointains, plus leurs ondes sont de basse fréquence. En combinant les trois approches, on couvre l’ensemble de l’orchestre cosmique.

L’ère de l’astronomie multi-messagers

Une avancée majeure est venue en 2017 avec la détection simultanée d’ondes gravitationnelles et de lumière (sursaut gamma, contrepartie optique) provenant de la fusion de deux étoiles à neutrons (GW170817). Cette observation a confirmé que les fusions d’étoiles à neutrons produisent les éléments lourds (or, platine, uranium) dans l’Univers.

L’interféromètre spatial apportera une dimension nouvelle : grâce à sa capacité à localiser les sources avec une précision de quelques degrés carrés, il pourra envoyer des alertes précoces aux télescopes — parfois plusieurs heures avant la fusion finale. Les grands télescopes comme Athena, le James Webb ou Vera Rubin pourront alors observer l’environnement et combiner deux visions complémentaires.

Et puis il y a l’Univers primordial. Les ondes gravitationnelles traversent toute matière sans interaction et peuvent porter jusqu’à nous des informations sur les transitions de phase cosmologiques, les cordes cosmiques, voire l’inflation elle-même. Observer au-delà du fond diffus cosmologique : ce serait « écouter l’écho du Big Bang lui-même ».

EN RÉSUMÉ

  • L’interféromètre spatial, une mission de l’Europe : adoptée en 2024, lancement prévu en 2035. Technologie validée.
  • Réseaux de pulsars, une découverte déjà là : détection en 2023 d’un fond d’ondes gravitationnelles (probabilité de fausse alarme < 1/1 000). Confirmation définitive attendue en 2026.
  • Complémentarité : les trois bandes de fréquence couvrent l’Univers de manière cohérente, des trous noirs stellaires aux trous noirs supermassifs.
  • Rôle français : la France pilote le centre de traitement des données LISA et participe activement à l’EPTA avec le radiotélescope de Nançay.

Antoine Petiteau nous a fait voyager d’Einstein aux pulsars, des laboratoires souterrains aux plaines de Sologne, des fusions de trous noirs aux premières fractions de seconde après le Big Bang. Nous vivons l’âge d’or de l’astronomie gravitationnelle.

Références

[1] Einstein, A. (1916). Näherungsweise Integration der Feldgleichungen der Gravitation. Sitzungsberichte der Königlich Preussischen Akademie der Wissenschaften Berlin, pp. 688-696. arXiv:physics/9905030.

Nous remercions chaleureusement notre conférencier pour son intervention et ses explications passionnantes, ainsi que Bruno P pour le compte-rendu.

@Michel

Ce 23 janvier 2026 à l’Espace Lasson, M. Miguel Montargès, Astronome, présente une conférence publique sur l’étoile supergéante rouge Bételgeuse

Mais où sont passés les photons de Bételgeuse ?

Dans le cadre de notre cycle trimestriel de conférences scientifiques ouvertes au public, M. Miguel Montargès, Astronome au LIRA et spécialiste des supergéantes rouges, présente ce soir une conférence sur les observations de l’étoile supergéante Bételgeuse par le VLT.

Miguel Montargès entre passion des étoiles et du site de ...

La conférence s’est déroulée devant un public nombreux, composé d’amateurs éclairés et de passionnés d’astronomie. L’ambiance était studieuse : chacun est venu pour comprendre ce qui s’est réellement passé lors de la baisse spectaculaire de luminosité de Bételgeuse en 2019–2020.

Pour commencer, Miguel Montargès replace Bételgeuse dans son décor naturel : la constellation d’Orion (ci-dessous), l’une des plus reconnaissables du ciel d’hiver.
Il projette l’image du chasseur céleste, où l’étoile rouge occupe l’épaule gauche de la figure mythologique.

Ce qu’il faut retenir sur Bételgeuse:
Étoile instable et imprévisible : Les supergéantes rouges comme Bételgeuse connaissent des épisodes irréguliers de perte de masse et de variations extrêmes.
Impact médiatique : Les images spectaculaires ont suscité un vif intérêt mondial, mettant en lumière le travail des astronomes.
Perspectives : Le futur Extremely Large Telescope permettra d’observer la convection stellaire et la formation de poussière en temps réel.

Sa couleur rougeâtre, visible à l’œil nu, témoigne de sa faible température de surface et de son statut d’étoile évoluée. Bételgeuse se situe à environ 724 années‑lumière de notre système solaire, même si cette distance reste entachée d’une incertitude notable.

Son rayon atteint près de neuf cents fois celui du Soleil, pour une masse estimée entre quinze et vingt masses solaires. Sa température de surface avoisine les 3400 kelvins, ce qui explique sa teinte caractéristique, et sa luminosité dépasse de plus de dix mille fois celle de notre étoile.
Elle présente également des variations de luminosité selon deux pseudo‑périodes principales, d’environ 400 et 200 jours.

Miguel Montargès insiste ensuite sur un point fondamental : la surface de Bételgeuse n’est pas calme (cf ci-dessous). Elle est dominée par d’immenses cellules de convection, certaines pouvant atteindre la taille de l’orbite de Mars.
Ces mouvements de matière chaude et froide entraînent des variations de luminosité, créent des zones plus froides — de véritables taches stellaires — et génèrent des instabilités dans les couches atmosphériques. Ils favorisent également la formation de poussière, un élément clé pour comprendre l’événement de 2019–2020.

La distance de Bételgeuse, elle aussi, pose problème.
Contrairement à une étoile ponctuelle, Bételgeuse est immense et relativement proche, ce qui complique considérablement les mesures.
Son diamètre apparent, d’environ cinquante milliarcsecondes, est presque dix fois plus grand que sa parallaxe, qui n’atteint que cinq milliarcsecondes.

L’étoile est presque aussi grande que le mouvement que l’on cherche à mesurer. À cela s’ajoute une atmosphère étendue et irrégulière : convection, poussière, asymétries et variations temporelles rendent la « surface » difficile à définir.
Les instruments ne voient pas un disque net, mais une structure mouvante et complexe. Enfin, les modèles utilisés pour interpréter les données influencent directement le résultat final.
Ainsi, la distance de Bételgeuse n’est pas mal connue par manque d’instruments, mais parce que la nature même de l’étoile rend la mesure extrêmement délicate.

La disparition des photons

Chute brutale de luminosité : Dès décembre 2019, une baisse inédite est observée, confirmée par les astronomes amateurs et professionnels.
Réactivité scientifique : En moins de six heures, des observations exceptionnelles sont réalisées avec le Very Large Telescope, révélant une asymétrie spectaculaire sur la surface de Bételgeuse.
Enquête approfondie : Les analyses combinent modélisation atmosphérique (PHOENIX) et simulation de poussière (RADMC3D). La solution : un refroidissement local provoque la condensation de poussière, masquant partiellement la lumière de l’étoile
.

La seconde partie de la conférence prend la forme d’un récit chronologique, presque minute par minute, des événements de l’hiver 2019–2020.
Tout commence le 7 décembre 2019, lorsqu’un message laconique publié dans un Astronomer’s Telegram signale une chute anormale de luminosité.
Les observateurs amateurs confirment rapidement la tendance, et les données de l’AAVSO montrent une baisse rapide, inhabituelle (ci-dessous).

Dans la communauté, l’inquiétude monte :
Bételgeuse est connue pour ses variations, mais jamais une diminution aussi brutale n’avait été enregistrée.
Au fil des jours, les mesures continuent de baisser. Miguel Montargès échange avec plusieurs collègues : la possibilité d’une simple conjonction de périodes est évoquée, mais rapidement écartée.
L’amplitude de la chute dépasse les variations habituelles.
Le 19 décembre, face à l’évolution rapide de la situation, il décide de déposer une demande d’observation urgente auprès du Very Large Telescope.


Le 22 décembre, une requête est officiellement envoyée à l’ESO. Il s’agit d’une demande discrétionnaire, un canal spécial permettant d’obtenir du temps d’observation en dehors des procédures habituelles, réservé aux événements astronomiques majeurs.

Miguel Montargès justifie l’urgence : la baisse est sans précédent, l’étoile est suffisamment brillante pour être observée avec une résolution exceptionnelle, et l’événement pourrait être transitoire.

La réponse arrive dans la nuit du 26 au 27 décembre.
À 00h28, l’ESO donne son accord : les instructions d’observation peuvent être envoyées immédiatement. Miguel Montargès prépare alors les blocs d’observation en urgence, depuis la page personnelle du coordinateur, car le programme n’existait pas encore dans le système.
À 01h38, les blocs sont transmis au Chili.
À 06h18, les observations SPHERE sont exécutées.

En moins de six heures, la chaîne complète — décision, préparation, transmission, exécution — est réalisée. Un délai exceptionnel dans le monde de l’astronomie professionnelle !

Le 29 décembre, les données SPHERE à 644.9nm (rouge) sont reçues et réduites.
Le 30 décembre, Miguel Montargès découvre les images finales. Elles révèlent une asymétrie spectaculaire : une portion de la surface de Bételgeuse semble obscurcie.

Ce premier résultat confirme que l’événement n’est pas une simple variation photométrique globale, mais un phénomène physique localisé, visible directement sur le disque stellaire.
À partir de ces images, l’équipe lance une série d’observations complémentaires avec GRAVITY et MATISSE, afin de déterminer si l’assombrissement provient d’un refroidissement local ou d’un nuage de poussière récemment formé.

Le verdict des étoiles

Après avoir présenté les observations et les premières hypothèses, Miguel Montargès consacre la dernière partie de sa conférence à l’analyse approfondie des données.
C’est là que l’enquête scientifique prend toute son ampleur : il ne s’agit plus seulement de constater un phénomène, mais d’en comprendre les mécanismes intimes.

Pour interpréter les images SPHERE et les mesures interférométriques, l’équipe s’appuie sur deux outils complémentaires.
Le premier, PHOENIX, permet de simuler l’atmosphère de Bételgeuse : sa structure, sa distribution de température, l’apparence de sa surface lorsqu’une tache froide s’y développe, et l’influence de la convection sur la luminosité globale.

Les modèles montrent qu’un refroidissement localisé, de l’ordre de quelques centaines de kelvins, pourrait expliquer une partie de l’assombrissement observé.
Mais très vite, une limite apparaît : même en poussant les paramètres, une tache froide seule ne suffit pas à reproduire l’ampleur de la baisse de luminosité enregistrée depuis la Terre.

La clé du mystère apparaît lorsque les deux phénomènes sont combinés.
Une cellule convective descendante provoque un refroidissement local de la surface. Cette baisse de température crée les conditions idéales pour que la poussière se condense dans la région située juste au-dessus de la zone froide.
Le nuage ainsi formé masque alors une partie de la lumière de l’étoile, produisant l’assombrissement spectaculaire observé depuis la Terre.

Miguel Montargès rappelle que, si l’épisode est exceptionnel par son ampleur et par la qualité des observations obtenues, il n’est probablement pas unique dans la vie d’une supergéante rouge.
Ces étoiles massives sont instables, sujettes à des épisodes irréguliers de perte de masse et à des variations de surface parfois extrêmes.

Ce qui distingue l’événement de 2019–2020, c’est que la communauté scientifique a eu la chance — et la réactivité — de l’observer en direct, avec des instruments capables de résoudre la surface de l’étoile.

L’impact médiatique, lui, dépasse largement le cadre scientifique.
Les images SPHERE, spectaculaires et immédiatement compréhensibles, circulent dans les médias du monde entier. En quelques jours, elles sont reprises par les grands journaux internationaux (70000 vues sur deux semaines sur le site de l’ESO et une portée estimée de 2.3 Milliards de personnes), commentées sur les réseaux sociaux et interprétées, parfois de manière excessive, comme le signe avant-coureur d’une supernova imminente.

Miguel Montargès souligne que cette médiatisation, bien qu’elle ait parfois amplifié les inquiétudes, a eu un effet positif : elle a mis en lumière le travail des astronomes et l’importance de surveiller les étoiles évoluées.

Quant au futur Extremely Large Telescope (ci-dessus), il offrira une résolution sans précédent, permettant d’observer la convection stellaire presque en temps réel et de suivre la formation de poussière sur des échelles de temps de quelques semaines.

Miguel Montargès referme ainsi l’enquête, tout en rappelant que Bételgeuse reste une étoile imprévisible.
L’événement de 2019–2020 a offert une occasion unique d’observer un phénomène rare et a ouvert de nouvelles pistes pour comprendre les dernières phases de vie des étoiles massives.
Notre club restera à l’écoute des nouvelles découvertes sur Bételgeuse et sur l’évolution des supergéantes rouges. Miguel Montargès viendra certainement nous en reparler lors d’une prochaine conférence.

Nous remercions chaleureusement notre conférencier pour son intervention et ses explications passionnantes, ainsi que Bruno P pour le compte-rendu.

@Michel

Atelier enfant du dimanche 7 décembre 2025 : Quatre planètes telluriques: La vie?

Le dimanche 7 décembre, le groupe enfant du club a réalisé un atelier sur toute une après midi, à la Maison Verte. Quatorze enfants, âgés de 8 à 13 ans, ont répondu présents. Quatre groupes d’enfants se sont alternés entre quatre ateliers, animés par Fabrice, Gilles, Jean Pierre et Robert. L’objectif général était d’amener les enfants à appréhender les caractéristiques des planètes telluriques que sont la température, le magnétisme, la gravité et l’atmosphère; et les amener à comprendre leur rôle dans l’apparition de la vie sur notre planète Terre.


Afin de simplifier le propos, des expériences pratiques ont été élaborées par chacun des protagonistes. Pour exemple : – Gilles, en charge de la gravité, leur a fait répliquer le principe d’un orbite céleste a l’aide d’un drap, d’une boule de pétanque et de billes. – Fabrice, leur a fait plusieurs démonstrations pour illustrer les différentes modes de transfert de la chaleur; – Robert les a fait manipuler aimants et boussole – Jean Pierre s’est attaqué au fonctionnement du baromètre de Torricelli…Bien d’autres illustrations pratiques leur ont été proposées!


Nourris de pleins de nouvelles connaissances, l’atelier s’est conclu par un goûter et la création d’une boule de Noël cosmique, pour partir avec un petit souvenir du Club!

Ce 28 novembre 2025 à l’Espace Lasson, M. Alessandro Morbidelli présente une conférence intitulée : Une brève histoire du système solaire.

Ce soir, dans le cadre de notre cycle trimestriel de conférences scientifiques ouvertes au public, nous avons le plaisir de recevoir M. Alessandro Morbidelli, Planétologue et Professeur au Collège de France, pour la présentation d’une conférence intitulée : Une brève histoire du système solaire.

Nous remercions chaleureusement notre conférencier pour son intervention et ses explications passionnantes, ainsi que Fabrice B pour le compte rendu.

@ Michel

Soirée publique d’observations astronomiques à l’Espace Jeanne Moreau, Saclay (91).

Samedi 1er novembre 2025 entre 20h00 et 22h30, le Club d’astronomie d’Antony a organisé, à l’initiative du Comité de quartier du Val d’Albian et avec le concours de la municipalité de Saclay (91), une soirée publique d’observations astronomiques intitulée Voie Lactée Ensemble à Saclay, afin de permettre au public de découvrir le ciel étoilé.

Cet évènement s’est déroulé à l’Espace Jeanne Moreau (quartier du Val d’Albian), aimablement mis à disposition du Club par la municipalité. Il s’est articulé autour d’une exposition présentant l’ensemble de nos activités, ainsi que des observations astronomiques proposées au public depuis plusieurs spots animés par des membres du Club.

L’exposition a permis de sensibiliser les visiteurs, petits et grands, à l’astronomie, par la présentation des photographies d’astronomie entièrement réalisées par les membres de l’association. Le public a également été également invité, dans une partie réservée de l’Espace Jeanne Moreau, à découvrir une projection des photos d’astronomie effectuées en 2025 ainsi qu’une illustration musicale originale créée par un membre du Club. Le public était très intéressé, surtout les plus jeunes !
Un stand d’information du Comité de quartier a également été mis à la disposition du public.

Nous retrouvons plusieurs membres du Club !

Des observations astronomiques sont proposées sur le parvis de l’Espace Jeanne Moreau, avec le concours de Jean-Jacques B, Matthias T, Jocelyn R, Guy M, Robert M, Amar B et Caroline M.
Les conditions météorologiques, d’abord peu favorables, s’améliorent en cours de soirée et permettent d’observer la Lune et la planète Saturne.
Monsieur le Maire, accompagné de plusieurs élus de la commune, nous font le plaisir de participer à cette soirée.

Les observations se multiplient dans une ambiance sympathique et décontractée. Les enfants sont visiblement très intéressés et posent de nombreuses questions !

Les bonnes conditions météorologiques nous ont permis, en fin de soirée, de réaliser une astrophotographie de la nébuleuse planétaire Messier 27 (dite nébuleuse de l’Haltère).

Nous remercions chaleureusement Monsieur le Maire de Saclay, Madame Delphine Croci, présidente du Comité de quartier du Val d’Albian ainsi que les services de la municipalité, qui ont permis la réalisation de cette soirée d’observations astronomiques.

Nous remercions également les membres du Club d’astronomie d’Antony pour leur présence ainsi que le public (100 à 150 visiteurs) qui ont participé à cet évènement.

@Michel

Nous étions à la fête de la science à l’Espace Vasarely !

Samedi 11 et dimanche 12 octobre 2025, le Club d’astronomie d’Antony à participé à la fête de la science, organisée par la municipalité d’Antony, à l’Espace Vasarely.

Nous avons pu présenter, sur le stand du Club, l’ensemble de nos activités au public, notamment les photographies d’astronomie entièrement réalisées par les membres de l’association.

Un atelier « Enfants » a également été animé par les membres du groupe Enfants du Club (Jean-Pierre, Maud, Robert, Fabrice, Gilles, Catherine), dont le thème était : « Quatre planètes: la Vie » (Mercure, Vénus, la Terre, Mars) représentées en miniatures ainsi que le Soleil.

Nous installons le stand du club avec le concours de Amar (nouveau membre).
Puis Hervé M, Jean-Pierre, Robert, Jean-Jacques B et Gilles nous rejoignent.

Samedi après-midi, les premiers visiteurs arrivent, très intéressés par nos activités, surtout les plus jeunes !

Les premiers astronomes juniors prennent également possession de l’atelier Enfants, animé par Jean-Pierre, Catherine et Gilles!

Puis Robert prend la suite, les enfants sont passionnés par l’astronomie !
Des explications sont également fournies aux visiteurs, intéressés par les photographies astronomiques.

Christophe nous rend une sympathique visite, les enfants au stand du club sont très curieux et posent de nombreuses questions !!

Les parents sont attentifs aux explications de Robert, les astronomes juniors participent activement à l’atelier !

Ici, représentation de la position des planètes rocheuses du système solaire, positionnées depuis notre étoile.

Grande discussion avec Georges O, sous le regard de Jean-Jacques…

Hervé S se joint aux membres du club, dans une ambiance décontractée !

Maud et Fabrice complète l’équipe du groupe Enfant!

Le temps de recharger les batteries, et c’est reparti !

Nous avons la sympathique visite de Matthias, notre secrétaire général !

Et puis la journée se termine, ainsi que cette édition 2025 de la fête de la science.

Nous remercions la municipalité d’Antony pour l’organisation de cet évènement à l’Espace Vasarely.
Un grand merci à tous pour votre participation et votre présence !

@Michel

Ce 3 octobre à l’Espace Henri Lasson à Antony, M. Daniel Pomarède présente une conférence intitulée : Découverte des grandes structures cosmologiques Laniakea et Ho’oleilana

I – Historique :
Monsieur Daniel Pomaréde, astrophysicien à l’IRFU (Institut de Recherche sur les lois Fondamentales de l’Univers à Saclay), cosmographe, a participé à la découverte et cartographié  Laniakea et  Ho’oleilana qui sont de grandes structures de l’univers.
Sa conférence, ce soir, s’articule autour de trois parties : 
l’ historique, la découverte de Laniakea enfin celle de Ho’oleilana.

Hommage aux précurseurs Hubble, Humason, Sandage chercheurs au mont Wilson et au mont Palomar. Ils sont à l’origine de la vision d’ un univers en expansion gouverné par la loi de Hubble : les galaxies s’éloignent les unes des autres à une vitesse  proportionnelle à leur distance respective.
Cette loi permet de déterminer l’âge de l’univers.
De plus, Hubble a repoussé les limites de la cartographie de l’univers par ses observations.

D’autres Astrophysiciens ont mis en évidence des déviations par rapport à la loi de Hubble. Perturbations dues à la gravitation et la distribution des galaxies à grande échelle.
En 1946, Georges Gamov : les galaxies s’organisent en méta structures et tournent autour d’un centre de gravité commun.

Dans les années 1950, Véra Rubin étudie dans les catalogues de galaxies. Elle met en évidence un lieu où des vitesses de galaxie ont des valeurs non prévues par la loi de Hubble. Après un échec notoire devant l’American Astrophysical Society, elle démarre une thèse avec Georges Gamov sur la distribution des galaxies. Sur 96 galaxies étudiées; mise en évidence d’un mouvement d’ensemble de ces galaxies de  plusieurs centaines de km/s. (400km/s).
Pionnière des courants cosmiques et de l’ étude du déplacement des galaxies.
En 1953 Gérard de Vaucouleurs  découvre le superamas local.

Dans les années 1980, Valérie de Lapparent, Margaret Geller et John Huchra : structure à grande échelle dans la distribution des galaxies.
Dans cette cartographie, toile cosmique en 3D avec un nœud au niveau de l’amas de galaxies dans la constellation de la Chevelure de Bérénice.
Autour de ce nœud se rencontre des filaments dont un qui vient vers nous, un autre rejoint une structure importante le Grand Mur et autour de nombreux vides.

En 1988 « les 7 samouraïs », Lynden-Bell, Faber, Burstein, Davies, Dressler, Terlevich, Wegner, découvrent le Grand Attracteur.
Observations des vecteurs vitesses de 400 galaxies. Ces vecteurs vitesses s’éloignent de nous car nous ne mesurons que la composante radiale. En vérité elles vont dans toutes les directions de l’espace.
Sur la carte, C pour amas du Centaure, H pour amas de l’Hydre, ils ont donné le nom à cette région de Grand Attracteur. Ces courants cosmiques convergent vers une zone située à 200 millions AL dans la direction du Centaure.

En 1965, à l’aide de l’antenne cornet de Holmdel Arno Penzias et Robert W. Wilson trouvent un bruit de fond irréductible venant de toutes les directions et  découvrent la lumière de fond cosmologique (prix Nobel 1978).
C’est un rayonnement isotrope avec une température de 2,7 Kelvin.
Elle sert de référentiel et nous allons pouvoir mesurer notre propre vitesse.

Le fond diffus cosmologique est un rayonnement : première lumière de l’univers  émise contenant des informations sur sa structure primordiale.
Sur cette carte en rouge les endroits les plus denses et les plus chauds : formation des galaxies, des amas de galaxies, des filaments et en bleu les endroits moins denses et les plus froids ce sont les vides.

Dipôle dans les mesures fines de ce rayonnement du fond diffus cosmologique.
Si nous faisons l’hypothèse que nous sommes en mouvement dans l’univers, les longueurs d’onde reçues vont être raccourcis et dans la direction opposée elles sont agrandies. Cela se traduit à 180° par une forme de dipôle.
En 2006, Georges Smoot prix Nobel : première expérience, à bord d’un avion U2 et d’un radiomètre perçoit cette première formation du dipôle.

Lors d’une seconde expérience avec le satellite COBE, ce dipôle est  photographié.
Nous nous déplaçons dans l’univers à environ 630 km/s.

Petit groupe de travail avec:
Brent Tully : Professeur à l’université d’Hawaï, (Relation Tully-Fischer) : distance des galaxies, mesure de la constante de Hubble et les cartographies,
Hélène Courtois Professeur à l’université de Lyon,
Yehuda Hoffman Théoricien de l’université Hébraïque de Jérusalem,
Daniel Pomarède Spécialiste de la visualisation et de la cartographie.

Daniel Pomarède : développe un logiciel de visualisation interactive de données en 3D. Il utilise le système de coordonnées super galactiques qui a été proposé par Gérard de Vaucouleurs.
Les positions sont exprimées en km/s. Ses schémas permettent de s’affranchir de la constante de Hubble. La carte va de 0 à 8000 km/s ou de 0 à 107 Mps ou de 0 à 348 millions d’années lumière (AL).

II – Découverte de Laniakea
Visualisation d’objets de l’univers locale.
Cube de 900 km/s de large, soit 12 millions de Parsecs ou 40 millions d’année lumière. Dans le plan nous visualisons de nombreux objets.

1- En haut de ce plan : vide local découvert par Brent Tully  (années 1980), quelques galaxies isolées.
2- Face à ce plan, des groupes de galaxies, en son centre : groupe  local avec une composante associée à la Voie Lactée suivi d’ un cortège satellite de galaxies naines et avec une autre composante associée à la galaxie d’Andromède. Entre la galaxie d’Andromède et la Voie Lactées, nous avons 2 millions AL.
3- Autres groupes Messier 81, Messier 101, Centaurus A….
Le vide est en expansion attiré par les structures voisines.

Agrandissement du cube : 2000 km/s soit 27 Mps ou 87 millions AL.
Apparition d’un amas très important de galaxies dans la constellation de la Vierge. Amas contenant environ 2000 galaxies qui nous attire par gravitation mais s’éloigne de nous à 1200 km/s à cause de l’expansion de l’univers.

Surface d’énergie nulle : lieu d’équilibre entre la gravitation et l’expansion de l’univers.
Toutes les galaxies à l’intérieur de cette sphère vont tomber sur l’amas de la Vierge.
En dehors de cette surface, aucune structure n’est attirée, c’est le cas de notre Voie Lactée et de la galaxie d’Andromède.
Nous n’appartenons donc pas au super amas de la Vierge.

Rubin et Ford travaillaient sur 96 galaxies; les 7 samouraïs : un catalogue de 400 galaxies;
Courtois et Tully démarre : nouveau catalogue  (Cosmicflows-1) avec 1700 galaxies.
Le petit groupe avec Daniel Pomarède : Analyse et cartographie issue de ce premier catalogue donnant lieu à un premier article en 2013 publié dans Astronomical  Journal.

Observation de la Voie Lacté, l’amas de la Vierge, les points blancs sont des galaxies, les vecteurs vitesses en bleu pointent vers nous, les vecteurs vitesses en rouge  s’éloignent de nous.
Le but : reconstruire le champ de vitesse et celui de densité à partir des vitesses de ces 1700 galaxies.
Le fond coloré nous indique une tranche du champ de densité peu dense vers les couleurs bleu foncé et se densifie progressivement vers les couleurs rouges.
Reconstitution du vide local en analysant les vitesses.
Évacuation des vides locaux : Direction de la matière vers les parties les plus denses. Elle suit des filaments et se dirige vers des attracteurs.

Le Grand Attracteur dans la région de l’amas du Centaure.
Sur ces cartes sont représentés la Voie Lactée, l’amas de la Vierge en dézoomant, apparition d’une structure filamentaire avec cinq filaments qui semblent converger vers l’amas du Centaure.

A l’aide du logiciel de Daniel Pomarède : reconstruction du champ de densité et du champ de vitesse. Il apparait le Grand Attracteur grâce aux 1 700 vecteurs. Tout l’univers local est attiré par ce Grand Attracteur.

Evolution de Cosmicflows-1 et Cosmicflows-2
– Cosmicflows-1 : 1 700 galaxies, va jusqu’à l’amas du Centaure.  –
– Cosmicflows-2 : 8 000 galaxies, va permettre la découverte de Laniakea.
Cube de 1,4 Milliards d’année lumière de coté.
Observation du Grand Mur et de la chaine d’amas de Persée-Poisson.

Laniakea nom Hawaïen mot interprété comme « Horizon Céleste Immense ou Paradis incommensurable »
Dans ce cube de 1,4 milliard d’AL, la Voie Lactée est au centre à l’origine (0,0).
Délimitation d’une région de l’univers ou des lignes de courants convergent en un lieu unique.
En dehors de cette zone, nous pensons avoir découvert un attracteur unique.
Une frontière autour de notre zone nous sépare  du Grand Mur, de Percé-Poisson.
Un attracteur lié avec la concentration de Chapelet comprenant 28 amas de galaxies.

Lorsque nous passons en 3D, observation d’une structure fermée dans toutes les directions contenant la Voie Lactée, le super amas de la Vierge, le super amas Hydra du Centaure, et le super amas Norma-Pavo-Indus.

Frontière de cette structure : délimitation d’une région de 160 Mps soit 500 millions d’AL et de 1017 masse solaire.
Pas d’information directe sur La zone grisée ou zone d’obscuration galactique, zone cachée derrière notre galaxie.

A partir de cette enveloppe, recherche du nombre de galaxies.
Observation du Grand Attracteur et des filaments qui se dirigent vers lui dont ceux de la Règle et du Pan Indien.

Daniel Pomarède nous donne ensuite quelques études après la découverte de Laniakea.
Reconstruction de la toile cosmique en utilisant les informations contenues dans les vecteurs vitesse. Analyse du tenseur de cisaillement.
En rouge, effondrement de la matière dans toutes les directions, observation des nœuds de la toile cosmique.
Dans les endroits blancs  sites vides, nous avons une expansion sur les trois axes.
Enfin filaments avec deux collapses et  expansion dans la direction opposée.

Autre expérience : Découverte d’un lieu nommé Dipôle Repeller sur la toile cosmique, il représente un vide situé à l’opposé de notre vecteur vitesse.
C’est comme s’il nous repoussait d’où son nom de Répulseur.

Avec Cosmicflows-3 (18000 galaxies) :
Observation de la convergence vers l’amas de Shapley, le dipôle de Repeller et la découverte d’un deuxième Répulseur.
C’est le Cold Spot Point trop froid et trop grand du fond diffus cosmologique (vide géant).

Découverte d’un immense filament de 1,4 milliard AL  (Mur du Pôle Sud).

III – Découverte de Ho’oleilana
Nom inspiré du chant hawaïen  de la Création : «Des ténèbres profondes s’élevaient le murmure d’un réveil »

Publication du  catalogue Cosmicflows-4 :
56 000 galaxies avec 8 méthodes de recherche différentes que l’on doit calibrer ensemble. Par exemple utilisation de 6 galaxies qui contiennent des masers, sorte de laser galactique permettant de mesurer précisément leurs distances.

Brent fait des visualisations de base: on y retrouve les principaux objets et le Grand Mur de Sloane.

Brent fait une coupe fine de ce Grand Mur : Observation d’ une sorte d’anneau d’un milliard AL correspondant aux oscillations acoustiques baryoniques, prédites en 1970 par Jim Peebles (prix Nobel 2019).

Dans l’univers primordial ,il y a eu des fluctuations aléatoires avec surdensité d’endroits contenant matière noire et baryonique.
Pendant 380.000 ans, l’univers avait la propriété d’un plasma subissant une contraction de la part de la gravitation, puis augmentation de la pression provoquant une extension. Il en résulte un système vibratoire avec production d’ondes acoustiques qui se propagent dans l’univers.

Refroidissement de l’univers : Formation des premiers atomes, disparition du plasma, émission de la lumière du fond diffus cosmologique, toutes ses vagues se sont retrouvées gelées avec des crêtes sur lesquelles la matière disponible plus importante forme des galaxies.

Recherche des excès dans la distribution des galaxies.
A 500 millions AL, nous devrions observer une sorte de coquille sphérique.
En 2005 on découvre le pic BAO.

Brent a observé la coquille sphérique et détermine son centre, son rayon et son épaisseur.
Avec ces observations Daniel Pomarède peut visualiser en 3D cette structure : Les galaxies sont visualisées en rouge avec en son centre l’amas du Bouvier.
Autour de cette coquille, observation des superamas de galaxies.

En conclusion, Daniel Pomarède nous présente cette vue d’artiste réalisé par Frédéric Durillon, représentant les quatre découvertes la voie Lactée, le volume de Laniakea avec 500 millions AL, le Mur du Pôle Sud, la région du Répulseur du dipôle et enfin l’immense structure de 1 milliard AL :  L’Ho’ oleilana.

Nous remercions chaleureusement notre conférencier pour son intervention passionnante, ainsi que Claude D pour le compte rendu.

@Michel

Ce dimanche 7 septembre 2025, nous étions au Forum des associations au centre A. Malraux Antony !

A l’occasion de la rentrée associative, le Club d’astronomie d’Antony à participé à cet évènement, organisé par la municipalité, dimanche 7 septembre 2025.

L’installation du stand du club débute vendredi avec le concours de Jean-Pierre et Bertrand, puis finalisé dimanche avec Robert. Pause croissant en attendant l’arrivée du public !

Un spot d’observation est mis en place par Robert, grâce aux bonnes conditions météorologiques, permettant d’admirer le Soleil en toute sécurité. Les premiers visiteurs se présentent déjà !

Puis plusieurs membres du Club arrivent : Christophe, Jean-Pierre, Bertrand, Georges L,
Photo de famille !

Les visiteurs prennent possession du spot d’observation solaire, notamment les plus jeunes, qui sont très intéressés. Fabrice B nous fait le plaisir de sa visite avec ses enfants.
Une inscription au club est faite au stand !

L’affluence des visiteurs se renforce alors que Emilie et Karine nous rendent une petite visite.. Le regard des enfants pour l’astronomie est passionné !

Les observations solaires se succèdent, sous un soleil radieux, Bertrand fournit des explications sur notre étoile !

Hervé M et Georges O nous rendent une sympathique visite; Alain, notre photographe évènementiel, est également présent. Une conversation animée s’engage au stand entre Georges et Jean-Pierre!

La journée se déroule dans une ambiance détendue. Les photos astronomiques réalisées par les membres du Club sont attentivement examinées par le public, très intéressé.

De nombreux parents inscrivent leurs enfants auprès de Jean-Pierre pour les activités du Groupe Enfants au Club. 20 astronomes juniors sont inscrits durant la journée !

Et puis c’est la fin de la journée consacrée au Forum des associations.
Nous remercions chaleureusement tous les membres du Club pour leurs participation et leur présence, le public, ainsi que la municipalité d’Antony pour l’organisation de cet évènement.

@Michel