C’était dimanche après-midi, la suite de la présentation « setup astrophoto débutants ».
On vous avait promis une mise en pratique, la voici.
Le but: maitriser les outils informatiques afin de piloter sa monture et sa caméra depuis Nina sous Windows et Kstars sous Linux.
Nous étions 3 pour animer cet atelier. Bertrand et Jean Luc pour Windows et Philippe pour Linux. Un grand merci à ce dernier qui a remplacé Robert au dernier moment.
5 participants avec un mix de setup perso et de matériels du club.
Kstar sous Linux avec notre kit special débutant et des difficultés de reconnaissance de la caméra.
Pourtant la caméra est bien reconnue sur le PC de notre expert Linux. Le problème sera résolu le lendemain avec l’ajout d’un package QHY etàa l’aide de quelques « sudo » bien sentis.
Quelque soucis aussi avec le matériel du club sous Windows, mais il a suffit d’être patient et l’installation de ce « &{[\^@ » de Dotnet a fini par se terminer. Les mystères de l’infomatique 😉
Mais parfois ça tombe en marche.
Mission accomplie, ce setup, monture et caméra du club fonctionnent sous Windows et Nina. A défaut de galaxies, on visualise les arbres du voisinage.
Il ne reste qu’à attendre une belle nuit étoilée pour tester tout ça en conditions réelles.
La présence de 3 animateurs pour 5 setups n’était pas de trop.
Un samedi après midi complet avec notre maître à tous George, à la découverte des subtilités du traitement de l’imagerie planétaire.
Nous étions 6, un mélange de confirmés et de débutant, ce qui a permis des échanges très enrichissants pour tous.
Présentation des outils, autostakkert et Registax et application immédiate sur nos PC. La théorie et la pratique de façon informelles dans le même après-midi, facilitées par un petit groupe.
Ce nombre restreint de participants a permis aux confirmés et au plus débrouillés d’aider les débutants
17h30 c’est la fin et le debrief. Ce petit groupe et la mise en oeuvre immédiate sur nos PC nous a permis de tous progresser, y compris les plus confirmés. A reproduire sur d’autres sujets.
Ce soir, au Club, Georges L expose la technique de l’imagerie planétaire en milieu urbain (une présentation distincte de l’imagerie du ciel profond en milieu urbain fera l’objet d’une programmation ultérieure).
La réunion est comme d’habitude, relayée en visioconférence.
Après avoir rappelé les différents matériels (capteurs, APN, CCD/CMOS) et filtres (spéciaux, interférentiels), notre conférencier expose son intervention en détaillant le matériel et la technique d’imagerie planétaire.
Exemples d’imagerie : (lunaire, Jupiter, Mars, Saturne, Vénus, Mercure, Uranus, Neptune et son satellite Triton)
Nous remercions chaleureusement notre conférencier pour ses explications passionnantes !
Les adhérents peuvent retrouver le replay de la conférence en zone réservée.
Samedi 21mars 2026 entre 20h00 et 22h00, le Club d’astronomie d’Antony, avec le concours de la municipalité, a organisé une séance publique d’observations astronomiques au Stade Georges Suant, afin de découvrir le ciel étoilé.
13 membres du Club participent à cet évènement, 9 instruments sont installés sur le terrain de football.
Les bonnes conditions météorologiques permettent de proposer au public d’observer la voûte céleste, notamment la Lune et la planète Jupiter. Cette soirée correspond également à la phase de l’équinoxe de printemps.
Vers 19h00, les membres du Club arrivent et installent leur matériel :
Jean-Luc (télescope C9), Bernard (Lunette astronomique), Guy (télescope C11), Matthias (télescope Maksutov 180), Jean-Marc (télescope compact SeeStar S50), Christophe (télescope Maksutov 180), Jean-Jacques (télescope C9), Damien et Amar (2 télescopes Dobson). Le public est accueilli par Caroline, Maud, Sylvain et moi-même (Michel).
Dernier réglage sur la Lune par Christophe, puis les membres sont prêts à accueillir le public !
Les visiteurs arrivent progressivement sur le site d’observation, dans une ambiance sympathique et détendue. De nombreux enfants sont très intéressés !
Les questions fusent sur la connaissance du ciel : le système solaire, les constellations, les étoiles … L’obscurité progressive permet de mieux repérer les constellations d’Orion et de la Grande Ourse, l’étoile polaire. La planète Jupiter, très brillante, est au centre de toutes les attentions.
Arthur, astronome junior au Club, a également apporté son matériel !
Le public est au rendez-vous ! nous observons une fréquentation estimée entre 150 et 200 visiteurs.
Photo de la Lune réalisée par l’un des membres du Club lors de la soirée.
Nous remercions chaleureusement les visiteurs ainsi que les membres du Club pour leur présence et leur participation à cet évènement. Nous espérons avoir pu sensibiliser le public sur les observations astronomiques et l’astronomie amateur.
Nous remercions également la municipalité d’Antony pour la mise à disposition du Stade Georges Suant à notre association, ayant permis la réalisation de cette soirée d’observation.
Ce soir, la réunion est consacrée à la mise en pratique de l’astronomie amateur (présentation et manipulation de matériel du club, montage, réglage, tests, observations astronomiques) pour les débutants et les nouveaux membres.
Premiers arrivés à la Maison verte, Jean-Jacques B monte son setup, accompagné de Jean-Luc. Jacqueline et Daniel (nouveaux membres), avec les conseils de Philippe, installent le « Baby Dobson » dans le jardin du club.
Puis nous sommes rejoints par Georges O, Bernard, Nico, Nadia (Nouvelle adhérente), et Eric-Olivier.
L’installation des setup se poursuit dans le jardin, la météo est particulièrement favorable ce soir !
Sylvain se joint à nous, ainsi que Stéphane (nouveau membre) et Christophe.
L’ambiance est sympathique et détendue, les membres expérimentés accompagnent les nouveaux membres dans la pratique de l’astronomie !
Et c’est parti pour les observations de la Lune et Jupiter !
Une petite pause à l’intérieur, le temps de discuter et présenter le matériel du club!
Puis les observations reprennent! Eric-Olivier pointe le Mak180 sur Jupiter, conseillé par Christophe ! Nadia, sous le regard de Sylvain, installe le SeeStar du club, télescope compact autonome diffusant les images par wifi.
Et c’est la fin de cette soirée.
Merci à tous pour votre présence et votre participation à cette réunion!
Dans le cadre de notre cycle trimestriel de conférences scientifiques ouvertes au public, M. Antoine Petiteau, astrophysicien au CEA et responsable scientifique du centre de traitement des données de la mission spatiale européenne LISA (Laser Interferometer Space Antenna), présente ce soir une conférence sur l’un des domaines les plus actifs de la physique contemporaine : la détection des ondes gravitationnelles et les nouveaux instruments conçus pour observer l’Univers gravitationnel.
Observer l’Univers avec les ondes gravitationnelles : LISA et PTA. Un voyage dans l’imperceptible avec Antoine Petiteau
Les ondulations de l’espace-temps
La théorie remonte à 1916, lorsqu’ Albert Einstein prédit l’existence des ondes gravitationnelles [1] : l’espace et le temps ne sont pas des entités rigides et immuables, mais forment un tissu déformable.
Lorsque des masses compactes extraordinairement denses — trous noirs stellaires ou supermassifs, étoiles à neutrons — orbitent et fusionnent dans l’Univers, elles créent des ondulations dans ce tissu. Ces ondes gravitationnelles se propagent à la vitesse de la lumière, transportant avec elles l’histoire intime de ces événements cosmiques.
Le défi technique que pose leur détection est considérable. Une onde gravitationnelle qui passe modifie les distances entre les objets avec une déformation relative de l’ordre de 10⁻²¹ pour les événements typiques détectés par les interféromètres terrestres LIGO et Virgo. « C’est comme mesurer l’épaisseur d’un cheveu humain sur la distance qui nous sépare de Proxima du Centaure », illustre Antoine Petiteau.
L’histoire de cette quête s’étend sur un siècle.
Après la prédiction d’Einstein en 1916, il faudra attendre 1974 pour une première preuve indirecte avec la mesure de la perte d’énergie d’un pulsar binaire par Hulse et Taylor. Puis vient 2015 : la première détection directe.
Deux trous noirs stellaires fusionnent à 1,3 milliard d’années-lumière, générant une onde gravitationnelle détectée par LIGO le 14 septembre 2015. Plus récemment, en juin 2023, les réseaux de chronométrage de pulsars révèlent l’évidence d’un fond d’ondes gravitationnelles dans les très basses fréquences.
Figure : Détecteurs d’ondes gravitationnelles et leurs sources dans les trois bandes de fréquence (réseaux de pulsars, interféromètre spatial, interféromètres terrestres). Source : gwplotter.com
L’interféromètre spatial LISA : un triangle de lumière dans l’espace
Antoine Petiteau entre dans le vif du sujet : le projet d’interféromètre laser spatial européen LISA (Laser Interferometer Space Antenna). Sur l’écran, une animation montre la configuration : trois satellites séparés par 2,5 millions de kilomètres forment un triangle équilatéral qui suit la Terre sur son orbite héliocentrique, à environ 50 millions de kilomètres de distance.
Figure : Configuration orbitale de LISA — trois satellites séparés de 2,5 millions de kilomètres forment un triangle équilatéral en orbite héliocentrique. Pour une présentation visuelle animée : ESA – LISA: Laser Interferometer Space Antenna
Ce projet titanesque, rêvé dès 1974 puis formalisé dans les années 1990, est aujourd’hui en cours de construction. Le 25 janvier 2024, l’Agence Spatiale Européenne a officiellement adopté la mission. Les contrats industriels ont été signés en juin 2025. Le lancement est prévu pour 2035.
Le défi technique réside dans les masses de test — de petits cubes flottant en chute libre à l’intérieur de chaque satellite, protégés de toute perturbation. Les satellites «suivent» ces masses grâce à un système de micropropulseurs ultraprécis, le système drag-free, déjà validé par la mission LISA Pathfinder entre 2016 et 2017. Cette mission a confirmé que l’endroit le plus stable du système solaire se trouve à l’intérieur d’un satellite artificiel en orbite.
Le bruit laser — les fluctuations naturelles de la lumière — est cent millions de fois plus fort que le signal recherché. Pour extraire le signal utile, l’instrument utilise une technique appelée interférométrie à délais temporels (TDI, Time-Delay Interferometry). En recombinant les phases des faisceaux laser avec des retards calculés, on fait disparaître le bruit par interférences destructives.
Promesses scientifiques
L’instrument promet une moisson scientifique sans précédent :
Cartographier la Voie lactée : détection de 10 000 à 30 000 binaires d’étoiles compactes dans notre galaxie
Comprendre les trous noirs supermassifs : de la formation des premiers quasars jusqu’aux fusions actuelles
Sonder l’environnement des trous noirs : cartographier la géométrie de l’espace-temps au voisinage de l’horizon
Mesurer l’expansion cosmique : les ondes gravitationnelles comme « sirènes standard »
Remonter aux origines de l’Univers : révéler les transitions de phase primordiales, avant les 380 000 premières années
Détecter l’inattendu : chaque nouvel instrument révèle des phénomènes insoupçonnés
Le traitement de ces données sera colossal : environ 200 millions d’heures de calcul par an, répartis entre plusieurs centres à travers le monde. La France, via le centre de calcul IN2P3, pilotera le centre de traitement sous la responsabilité d’Antoine Petiteau.
Les pulsars : horloges de l’Univers
Notre conférencier change de registre pour aborder les réseaux de chronométrage de pulsars. Contrairement à LISA qui attend son lancement, ces réseaux observent depuis plus de vingt ans et ont obtenu en 2023 un résultat majeur.
L’histoire des pulsars commence en 1967, lorsque Jocelyn Bell Burnell détecte un signal radio périodique d’une régularité stupéfiante : un pulse toutes les 1,337 secondes. L’explication : une étoile à neutrons en rotation rapide.
Une étoile à neutrons est le cœur effondré d’une étoile massive qui a explosé en supernova. Environ 1,4 fois la masse du Soleil comprimée dans une sphère de 20 kilomètres de diamètre. La conservation du moment angulaire fait que l’étoile tourne très vite — certaines jusqu’à 700 fois par seconde. Son champ magnétique intense canalise des particules chargées, créant des faisceaux d’émission radio qui balaient l’espace comme un phare.
Si une onde gravitationnelle passe entre nous et un pulsar, elle modifie légèrement le temps d’arrivée des pulses. Cette modification, appelée résidu de temps, est de quelques dizaines à quelques centaines de nanosecondes. Mesurer cet effet avec un seul pulsar est quasi impossible, mais en observant un réseau de dizaines de pulsars, une corrélation spatiale spécifique — la corrélation de Hellings-Downs — peut révéler la présence d’ondes gravitationnelles. Cette fonction, calculée en 1983, décrit précisément comment les résidus de temps doivent se corréler si un fond gravitationnel traverse le système solaire.
La collaboration européenne
La collaboration européenne EPTA regroupe cinq grands radiotélescopes : Nançay (France), Effelsberg (Allemagne), Jodrell Bank (Royaume-Uni), Westerbork (Pays-Bas) et Sardinia (Italie). Plus de 70 chercheurs collaborent à ce projet.
Le radio téléscope de Nancay
En juin 2023, la collaboration européenne annonce la détection d’un signal compatible avec des ondes gravitationnelles, avec un niveau de confiance très élevé : probabilité de fausse alarme inférieure à 1 sur 1 000. Le résultat repose sur 24,7 années cumulées de données collectées auprès de 25 pulsars milliseconde.
Faits marquants :
Amplitude mesurée : environ 2,5 × 10⁻¹⁵, cohérente avec un fond généré par des binaires de trous noirs supermassifs
Corrélation de Hellings-Downs : la corrélation entre pulsars suit précisément la forme géométrique prédite en 1983
Convergence mondiale : simultanément, les collaborations nord-américaine (NANOGrav) [9], australienne et indienne publient des résultats convergents
Analyse internationale : en septembre 2023, l’IPTA (International Pulsar Timing Array) montre que toutes les mesures concordent, réduisant la probabilité de fausse alarme à moins de 1 sur 10 000
L’origine exacte de ce fond reste partiellement mystérieuse : binaires de trous noirs supermassifs, transitions de phase primordiales, cordes cosmiques ? La troisième publication de données, attendue en 2026 avec 120 pulsars, devrait confirmer définitivement la découverte et permettre de discriminer entre ces scénarios.
Une symphonie cosmique à trois voix
Pour conclure, Antoine Petiteau projette le spectre complet des ondes gravitationnelles couvert par trois familles d’instruments complémentaires.
Figure : Spectre complet des ondes gravitationnelles en fonction de la période. Les trois bandes de détection : réseaux de pulsars (PTA), interféromètre spatial LISA, et interféromètres terrestres LIGO/Virgo.
Dans les très basses fréquences (nanohertz), les réseaux de pulsars écoutent le fond gravitationnel généré par les trous noirs supermassifs les plus massifs. Ce signal a déjà été détecté.
Dans les fréquences intermédiaires (millihertz), l’interféromètre spatial captera la danse des binaires d’étoiles compactes dans notre galaxie, les fusions de trous noirs de masse intermédiaire, et les dernières heures de vie des binaires supermassives. Il sera lancé en 2035.
Dans les hautes fréquences (hertz), les interféromètres terrestres détectent les collisions rapides de trous noirs stellaires et d’étoiles à neutrons. 368 sources ont déjà été détectées.
« Tout n’est qu’une affaire de distance », résume Antoine Petiteau. Plus les objets sont massifs et lointains, plus leurs ondes sont de basse fréquence. En combinant les trois approches, on couvre l’ensemble de l’orchestre cosmique.
L’ère de l’astronomie multi-messagers
Une avancée majeure est venue en 2017 avec la détection simultanée d’ondes gravitationnelles et de lumière (sursaut gamma, contrepartie optique) provenant de la fusion de deux étoiles à neutrons (GW170817). Cette observation a confirmé que les fusions d’étoiles à neutrons produisent les éléments lourds (or, platine, uranium) dans l’Univers.
L’interféromètre spatial apportera une dimension nouvelle : grâce à sa capacité à localiser les sources avec une précision de quelques degrés carrés, il pourra envoyer des alertes précoces aux télescopes — parfois plusieurs heures avant la fusion finale. Les grands télescopes comme Athena, le James Webb ou Vera Rubin pourront alors observer l’environnement et combiner deux visions complémentaires.
Et puis il y a l’Univers primordial. Les ondes gravitationnelles traversent toute matière sans interaction et peuvent porter jusqu’à nous des informations sur les transitions de phase cosmologiques, les cordes cosmiques, voire l’inflation elle-même. Observer au-delà du fond diffus cosmologique : ce serait « écouter l’écho du Big Bang lui-même ».
EN RÉSUMÉ
L’interféromètre spatial, une mission de l’Europe : adoptée en 2024, lancement prévu en 2035. Technologie validée.
Réseaux de pulsars, une découverte déjà là : détection en 2023 d’un fond d’ondes gravitationnelles (probabilité de fausse alarme < 1/1 000). Confirmation définitive attendue en 2026.
Complémentarité : les trois bandes de fréquence couvrent l’Univers de manière cohérente, des trous noirs stellaires aux trous noirs supermassifs.
Rôle français : la France pilote le centre de traitement des données LISA et participe activement à l’EPTA avec le radiotélescope de Nançay.
Antoine Petiteau nous a fait voyager d’Einstein aux pulsars, des laboratoires souterrains aux plaines de Sologne, des fusions de trous noirs aux premières fractions de seconde après le Big Bang. Nous vivons l’âge d’or de l’astronomie gravitationnelle.
Références
[1] Einstein, A. (1916). Näherungsweise Integration der Feldgleichungen der Gravitation. Sitzungsberichte der Königlich Preussischen Akademie der Wissenschaften Berlin, pp. 688-696. arXiv:physics/9905030.
Nous remercions chaleureusement notre conférencier pour son intervention et ses explications passionnantes, ainsi que Bruno P pour le compte-rendu.
Ce soir au Club, Jean-Marc G présente une conférence sur la représentation picturale et musicale des évènements célestes.
Notre conférencier prépare son intervention, tandis que les membres s’installent. Comme d’habitude, la réunion est proposée en simultané par visioconférence.
Jean-Marc débute sa conférence en retraçant l’impact des passages cométaires sur la compréhension historique et artistique : parfois présage néfaste ou signe prometteur, à la discrétion des auteurs. Ainsi, la tapisserie de Bayeux évoquant la comète de Halley en 1066; la fresque de Giotto L’Adoration des mages (vers 1305) mentionnant également le passage de cette comète en 1301, une gravure de Albrecht Dürer intitulée Melencoliah dont L’astre représenté serait la grande comète de l’hiver 1513-1514. Enfin, une peinture de Paul Von Sommer (1577-1621) présentant Lady Diana Cecil (1618), accompagnée d’une comète soulignant les origines, le charme et la richesse de cette noblesse anglaise.
Les comètes sont également présentées sous la forme caricaturale, romantique, littéraire, illustrative d’objets du quotidien ou fantasmée, mais aussi musicale ou cinématographique.
Notre conférencier évoque ensuite les différentes représentations astronomiques des éclipses au travers des âges et des artistes.
On retrouve des illustrations relatives aux éclipses sous l’Égypte ancienne, en Extrême-Orient, sous formes de métaphores religieuses, par des observations traduites en œuvre picturale (y compris en bandes dessinées), imaginaires, en photo présentant la réalité du phénomène, mais également en accompagnement musical ou dans le 7ème art.
Dans un troisième temps, notre conférencier aborde le symbolisme et l’approche artistique des évènements météoritiques.
Souvent considérés comme une vision apocalyptique, les météorites peuvent également être présentées sous une forme picturale réaliste, éthérée ou contemporaine, religieuses ou, une fois encore, musicale et cinématographique.
Nous remercions chaleureusement Jean-Marc G pour ce voyage sidéral au travers de la représentation des évènements célestes.
Les adhérents peuvent retrouver le replay de la conférence en zone réservée.
Ce soir au Club, Robert présente le logiciel de traitement d’imagerie SIRIL (programme libre de droit, français, sous plusieurs plateformes (ici sous Linux). Comme d’habitude, la réunion est proposée simultanément en visioconférence.
Notre conférencier débute son intervention devant un auditoire attentif !
Après un rappel historique sur la création de ce logiciel, Robert présente les fonctionnalités de ce programme, essentiellement adapté au traitement de l’imagerie en ciel profond. Les DOF (fichiers de calibration Dark/Offset/Flat) peuvent être pris en compte dans le traitement des images.
Interface principale du programme: Plusieurs fonctionnalités sont intégrées : conversion, séquence, calibration, alignement, empilement des images.
Appel à l’écran d’une image « brute » avec utilisation de la fonction d’auto-ajustement (ici: galaxie Messier 31), puis exemple de correction de l’image après calibration et résolution astrométrique.
Le réglage de l’histogramme (canaux RVB) est la phase suivante :
Robert affine l’image obtenue avec le logiciel de retouche GIMP (Amélioration de l’image avec possibilité d’utilisation de scripts):
Notre conférencier évoque ensuite la possibilité d’automatiser certains process (notamment le pré-traitement), opérations réalisables également manuellement.
Exemple de script généré par SIRIL
Le traitement peut également concerner des images obtenues avec des filtres interférentiels (LRVB, SHO). l’image couleur est finalisée en utilisant la composition RVB.
Chaque canal peut être attribué à une couleur en utilisant les conventions d’imagerie (palette Hubble, SHO, HOO, …). Exemples de traitement HOO (nébuleuse d’Orion et nébuleuse de la Bulle):
Enfin, des mosaïques peuvent être réalisées avec des assemblages de tuiles (exemple ci-dessous, les Dentelles du Cygne, NGC 6960).
Exemple de planification (simulation) de mosaïques avec SIRIL :
Un grand merci à Robert pour sa présentation passionnante de SIRIL !
Ce soir, au centre A. Malraux à Antony, nous avons donné rendez-vous à tous les membres du Club pour notre AG!
L’installation de la salle commence avec le concours des premiers membres : Amar (notre nouveau Secrétaire adjoint), Georges L, Bertrand (notre vice-président), et Jean-François F, affairé à présenter un télescope Dobson « TVA ». Amar, bientôt rejoint par Pierre G, font signer la liste d’émargement aux membres du Club qui arrivent. Jacqueline et Daniel ont déjà pris place !
Les premières discussions commencent dans une ambiance détendue et conviviale. Un buffet est préparé avec les traditionnelles galettes du Club, puis l’AG commence en présence des membres du Club !
Et c’est parti ! Je présente l’ordre du jour, avant d’évoquer le rapport moral d’activités pour 2025. puis Christophe, notre trésorier, expose le rapport financier.
Christophe présente les principaux investissements réalisés sur l’exercice
ainsi que l’évolution du nombre d’adhérents et la prévisions des dépenses à venir.
Puis c’est à mon tour (Michel) de présenter les modifications du Bureau. Bertrand a accepté d’assurer la fonction de vice-président. Nous remercions chaleureusement Emilie pour son travail et son dynamisme! Emilie reste membre du CA ! Matthias T et Amar B ont accepté d’assurer les fonctions de Secrétaire général et Secrétaire adjoint. Un grand merci à tous les deux ! Nous remercions également Jean-Marc G, qui a accepté d’entrer au CA. Patrick L devient notre conseiller technique. Maryse, Guillaume et Damien ont souhaité quitter le CA. Un grand merci pour leur action et leur dynamisme.
Les membres participants votent à chacune des étapes de notre AG!
Puis Bertrand prend ensuite la parole pour rappeler l’ensemble de nos activités prévues cette année.
Puis c’est le moment de se retrouver pour la galette du Club: discussions et échanges, dans une ambiance sympathique, agrémenté par la projection des astrophotos des membres du Club en 2025 !
Photos d’astronomie réalisées en 2025 par les membres du Club :
Merci à toutes et tous pour votre participation à l’assemblée générale, sans oublier Alain B, notre photographe événementiel!
Dans le cadre de notre cycle trimestriel de conférences scientifiques ouvertes au public, M. Miguel Montargès, Astronome au LIRA et spécialiste des supergéantes rouges, présente ce soir une conférence sur les observations de l’étoile supergéante Bételgeuse par le VLT.
La conférence s’est déroulée devant un public nombreux, composé d’amateurs éclairés et de passionnés d’astronomie. L’ambiance était studieuse : chacun est venu pour comprendre ce qui s’est réellement passé lors de la baisse spectaculaire de luminosité de Bételgeuse en 2019–2020.
Pour commencer, Miguel Montargès replace Bételgeuse dans son décor naturel : la constellation d’Orion (ci-dessous), l’une des plus reconnaissables du ciel d’hiver. Il projette l’image du chasseur céleste, où l’étoile rouge occupe l’épaule gauche de la figure mythologique.
Ce qu’il faut retenir sur Bételgeuse: Étoile instable et imprévisible : Les supergéantes rouges comme Bételgeuse connaissent des épisodes irréguliers de perte de masse et de variations extrêmes. Impact médiatique : Les images spectaculaires ont suscité un vif intérêt mondial, mettant en lumière le travail des astronomes. Perspectives : Le futur Extremely Large Telescope permettra d’observer la convection stellaire et la formation de poussière en temps réel.
Sa couleur rougeâtre, visible à l’œil nu, témoigne de sa faible température de surface et de son statut d’étoile évoluée. Bételgeuse se situe à environ 724 années‑lumière de notre système solaire, même si cette distance reste entachée d’une incertitude notable.
Son rayon atteint près de neuf cents fois celui du Soleil, pour une masse estimée entre quinze et vingt masses solaires. Sa température de surface avoisine les 3400 kelvins, ce qui explique sa teinte caractéristique, et sa luminosité dépasse de plus de dix mille fois celle de notre étoile. Elle présente également des variations de luminosité selon deux pseudo‑périodes principales, d’environ 400 et 200 jours.
Miguel Montargès insiste ensuite sur un point fondamental : la surface de Bételgeuse n’est pas calme (cf ci-dessous). Elle est dominée par d’immenses cellules de convection, certaines pouvant atteindre la taille de l’orbite de Mars. Ces mouvements de matière chaude et froide entraînent des variations de luminosité, créent des zones plus froides — de véritables taches stellaires — et génèrent des instabilités dans les couches atmosphériques. Ils favorisent également la formation de poussière, un élément clé pour comprendre l’événement de 2019–2020.
La distance de Bételgeuse, elle aussi, pose problème. Contrairement à une étoile ponctuelle, Bételgeuse est immense et relativement proche, ce qui complique considérablement les mesures. Son diamètre apparent, d’environ cinquante milliarcsecondes, est presque dix fois plus grand que sa parallaxe, qui n’atteint que cinq milliarcsecondes.
L’étoile est presque aussi grande que le mouvement que l’on cherche à mesurer. À cela s’ajoute une atmosphère étendue et irrégulière : convection, poussière, asymétries et variations temporelles rendent la « surface » difficile à définir. Les instruments ne voient pas un disque net, mais une structure mouvante et complexe. Enfin, les modèles utilisés pour interpréter les données influencent directement le résultat final. Ainsi, la distance de Bételgeuse n’est pas mal connue par manque d’instruments, mais parce que la nature même de l’étoile rend la mesure extrêmement délicate.
La disparition des photons
Chute brutale de luminosité : Dès décembre 2019, une baisse inédite est observée, confirmée par les astronomes amateurs et professionnels. Réactivité scientifique : En moins de six heures, des observations exceptionnelles sont réalisées avec le Very Large Telescope, révélant une asymétrie spectaculaire sur la surface de Bételgeuse. Enquête approfondie : Les analyses combinent modélisation atmosphérique (PHOENIX) et simulation de poussière (RADMC3D). La solution : un refroidissement local provoque la condensation de poussière, masquant partiellement la lumière de l’étoile.
La seconde partie de la conférence prend la forme d’un récit chronologique, presque minute par minute, des événements de l’hiver 2019–2020. Tout commence le 7 décembre 2019, lorsqu’un message laconique publié dans un Astronomer’s Telegram signale une chute anormale de luminosité. Les observateurs amateurs confirment rapidement la tendance, et les données de l’AAVSO montrent une baisse rapide, inhabituelle (ci-dessous).
Dans la communauté, l’inquiétude monte : Bételgeuse est connue pour ses variations, mais jamais une diminution aussi brutale n’avait été enregistrée. Au fil des jours, les mesures continuent de baisser. Miguel Montargès échange avec plusieurs collègues : la possibilité d’une simple conjonction de périodes est évoquée, mais rapidement écartée. L’amplitude de la chute dépasse les variations habituelles. Le 19 décembre, face à l’évolution rapide de la situation, il décide de déposer une demande d’observation urgente auprès du Very Large Telescope.
Le 22 décembre, une requête est officiellement envoyée à l’ESO. Il s’agit d’une demande discrétionnaire, un canal spécial permettant d’obtenir du temps d’observation en dehors des procédures habituelles, réservé aux événements astronomiques majeurs.
Miguel Montargès justifie l’urgence : la baisse est sans précédent, l’étoile est suffisamment brillante pour être observée avec une résolution exceptionnelle, et l’événement pourrait être transitoire.
La réponse arrive dans la nuit du 26 au 27 décembre. À 00h28, l’ESO donne son accord : les instructions d’observation peuvent être envoyées immédiatement. Miguel Montargès prépare alors les blocs d’observation en urgence, depuis la page personnelle du coordinateur, car le programme n’existait pas encore dans le système. À 01h38, les blocs sont transmis au Chili. À 06h18, les observations SPHERE sont exécutées.
En moins de six heures, la chaîne complète — décision, préparation, transmission, exécution — est réalisée. Un délai exceptionnel dans le monde de l’astronomie professionnelle !
Le 29 décembre, les données SPHERE à 644.9nm (rouge) sont reçues et réduites. Le 30 décembre, Miguel Montargès découvre les images finales. Elles révèlent une asymétrie spectaculaire : une portion de la surface de Bételgeuse semble obscurcie.
Ce premier résultat confirme que l’événement n’est pas une simple variation photométrique globale, mais un phénomène physique localisé, visible directement sur le disque stellaire. À partir de ces images, l’équipe lance une série d’observations complémentaires avec GRAVITY et MATISSE, afin de déterminer si l’assombrissement provient d’un refroidissement local ou d’un nuage de poussière récemment formé.
Le verdict des étoiles
Après avoir présenté les observations et les premières hypothèses, Miguel Montargès consacre la dernière partie de sa conférence à l’analyse approfondie des données. C’est là que l’enquête scientifique prend toute son ampleur : il ne s’agit plus seulement de constater un phénomène, mais d’en comprendre les mécanismes intimes.
Pour interpréter les images SPHERE et les mesures interférométriques, l’équipe s’appuie sur deux outils complémentaires. Le premier, PHOENIX, permet de simuler l’atmosphère de Bételgeuse : sa structure, sa distribution de température, l’apparence de sa surface lorsqu’une tache froide s’y développe, et l’influence de la convection sur la luminosité globale.
Les modèles montrent qu’un refroidissement localisé, de l’ordre de quelques centaines de kelvins, pourrait expliquer une partie de l’assombrissement observé. Mais très vite, une limite apparaît : même en poussant les paramètres, une tache froide seule ne suffit pas à reproduire l’ampleur de la baisse de luminosité enregistrée depuis la Terre.
La clé du mystère apparaît lorsque les deux phénomènes sont combinés. Une cellule convective descendante provoque un refroidissement local de la surface. Cette baisse de température crée les conditions idéales pour que la poussière se condense dans la région située juste au-dessus de la zone froide. Le nuage ainsi formé masque alors une partie de la lumière de l’étoile, produisant l’assombrissement spectaculaire observé depuis la Terre.
Miguel Montargès rappelle que, si l’épisode est exceptionnel par son ampleur et par la qualité des observations obtenues, il n’est probablement pas unique dans la vie d’une supergéante rouge. Ces étoiles massives sont instables, sujettes à des épisodes irréguliers de perte de masse et à des variations de surface parfois extrêmes.
Ce qui distingue l’événement de 2019–2020, c’est que la communauté scientifique a eu la chance — et la réactivité — de l’observer en direct, avec des instruments capables de résoudre la surface de l’étoile.
L’impact médiatique, lui, dépasse largement le cadre scientifique. Les images SPHERE, spectaculaires et immédiatement compréhensibles, circulent dans les médias du monde entier. En quelques jours, elles sont reprises par les grands journaux internationaux (70000 vues sur deux semaines sur le site de l’ESO et une portée estimée de 2.3 Milliards de personnes), commentées sur les réseaux sociaux et interprétées, parfois de manière excessive, comme le signe avant-coureur d’une supernova imminente.
Miguel Montargès souligne que cette médiatisation, bien qu’elle ait parfois amplifié les inquiétudes, a eu un effet positif : elle a mis en lumière le travail des astronomes et l’importance de surveiller les étoiles évoluées.
Quant au futur Extremely Large Telescope (ci-dessus), il offrira une résolution sans précédent, permettant d’observer la convection stellaire presque en temps réel et de suivre la formation de poussière sur des échelles de temps de quelques semaines.
Miguel Montargès referme ainsi l’enquête, tout en rappelant que Bételgeuse reste une étoile imprévisible. L’événement de 2019–2020 a offert une occasion unique d’observer un phénomène rare et a ouvert de nouvelles pistes pour comprendre les dernières phases de vie des étoiles massives. Notre club restera à l’écoute des nouvelles découvertes sur Bételgeuse et sur l’évolution des supergéantes rouges. Miguel Montargès viendra certainement nous en reparler lors d’une prochaine conférence.
Nous remercions chaleureusement notre conférencier pour son intervention et ses explications passionnantes, ainsi que Bruno P pour le compte-rendu.